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L'Europe souffre du chaud

L'eau, rien de mieux pour surmonter la vague de chaleur.

(Keystone)

La Suisse a connu mercredi la journée la plus chaude de l'été avec des pics proches de 35 degrés. Mais la vague de chaleur est moins intense que lors de la canicule de 2003.

En Europe, le chaud a déjà fait une quinzaine de victimes. En Suisse, l'agriculture et les cours d'eau souffrent du manque de pluie. Les autorités se préparent aussi à faire face aux taux d'ozone qui grimpent.

Mercredi, le mercure a grimpé à 34,9 degrés dans le canton d'Argovie, indique Christophe Salamin de MétéoSuisse.

A Genève, le thermomètre affichait déjà 34,8 degrés peu après 16h: cela reste encore loin du maximum local de 38 degrés.

A Bâle, Zurich et Coire, la température a atteint 34 degrés, à Sion 33,2 et à Neuchâtel 32,6. Dans les Alpes, le mercure a indiqué 8 degrés au sommet de la Jungfrau, qui culmine à plus de 4'000 mètres.

La vague de chaleur a fait bondir les taux d'ozone. On a dépassé la valeur limite de 120 microgrammes par m3, fixée dans l'ordonnance sur la pollution atmosphérique.

Des pics de 221µg/m³ et de 225µg/m³ ont même été enregistrés à Magadino et à Lugano, selon les informations du Réseau national d'observation des polluants atmosphériques (NABEL).

Une des mesures préconisées est de réduire la vitesse sur les autoroutes à 80km/h. Cela peut apporter une certaine amélioration, observe Martin Schiess, expert à l'Office fédéral de l'environnement (OFEFP), qui reconnaît qu'une telle mesure «ne résout pas le problème à long terme».

Canicule de 2003

Selon MétéoSuisse, la vague de chaleur qui touche la Suisse ces jours «n'est pas à proprement parler exceptionnelle». Même s'il a fait très chaud, les températures record de la canicule de l'été 2003 n'ont pas encore été battues.

Entre le 1er juin et le 17 juillet 2003, le mercure était en effet monté jusqu'à 36,5 degrés à Genève et 36 degrés à l'aéroport de Zurich-Kloten. La vague de chaleur actuelle est aussi moins intense.

Dernière différence de taille: les précipitations. La canicule de 2003 faisait suite à un printemps exceptionnellement sec. A l'inverse, la vague de chaleur de 2006 suit immédiatement un printemps exceptionnellement humide, avec des cumuls supérieurs aux normes en Suisse romande.

Champs et rivières assoiffés

L'agriculture et les cours d'eau souffrent pourtant déjà du manque de précipitations depuis le début du mois de juillet, en particulier le nord du Plateau et du Jura ainsi que les Grisons.

Josef Wüest, porte-parole de l'Union suisse des paysans, note que les regains sont peu abondants. Et la culture des pommes de terre est également menacée.

Le niveau du Lac Majeur a aussi fortement baissé, constate Christian Koch, chef de la section hydrologie à l'Office fédéral des eaux. Et le lac de Constance ainsi que le Walensee (SG) sont largement au-dessous de leur niveau habituel à cette saison.

Dans le Jura et au Tessin, les débits sont entre 20% et 50% plus bas que la moyenne: ce n'est toutefois pas exceptionnel pour un mois de juillet très chaud, selon Christian Koch.

Les centrales nucléaires de Mühleberg (BE) et Beznau (AG), implantées le long de l'Aar, ont réduit leur puissance afin de ne pas accentuer le réchauffement des fleuves.

Quant aux nappes phréatiques et aux sources, elles évoluent normalement depuis juin, sauf au Tessin où la sécheresse les a fait descendre à leur niveau le plus bas.

L'Europe transpire

En Europe, les températures ont à nouveau largement dépassé les 30 degrés mercredi, y compris dans le nord du continent avec un record pour le mois de juillet de 36,3 degrés en Grande-Bretagne.

Les autorités britanniques ont activé un plan d'urgence prévoyant des visites supplémentaires aux personnes les plus fragiles, en particulier les personnes âgées.

Des camions de sablage ont été mobilisés dans plusieurs régions pour répandre des cailloux concassés sur l'asphalte afin de l'empêcher de coller aux roues des véhicules.

La chaleur des derniers jours a déjà fait quinze victimes au moins, dont neuf en France. Dans l'Hexagone, la forte chaleur a ravivé le spectre de la canicule de 2003, qui avait fait près de 15'000 morts. La lenteur de la réaction du gouvernement avait été vivement critiquée.

En Espagne, les températures frôlent les 40 degrés dans plusieurs régions depuis la première semaine de juillet. En Belgique, les températures ont frôlé les 37 degrés pour la journée la plus chaude de l'année.

swissinfo et les agences

Faits

Bâle a déjà vécu dix jours de canicule (plus de 30 degrés). Berne, sept jours et Zurich six.
Mais la région qui détient le record, c'est le Mendrisiotto, dans le canton du Tessin, avec 22 jours de canicule.
La température la plus élevée a été enregistrée mercredi dans le canton d'Argovie, à Buchs, avec 34,9 degrés.
Le record suisse, depuis le début des mesures, remonte au 11 août 2003: le mercure avait atteint 41,5 degrés à Grono, dans le canton des Grisons.

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Ozone

L'ozone n'est pas seulement un polluant. Dans la stratosphère (12-50 km d'altitude), il nous protège du dangereux rayonnement ultraviolet du soleil.

A la surface de la terre, il n'est pas bon d'avoir trop d'ozone. Cette couche naît d'une réaction entre le dioxyde d'azote et des substances organiques volatiles et d'oxygène sous l'influence du soleil.

Les oxydes d'azote sont engendrés par le trafic motorisé, l'industrie et les ménages. Les composants organiques volatiles sont constitués essentiellement de solvants contenus dans les détergents, les vernis, les colles et les cosmétiques.

Les concentrations d'ozone dans l'air peuvent provoquer des brûlures aux yeux, des irritations de la gorge et des problèmes respiratoires.

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