L'horlogerie suisse s'inquiète malgré d'excellents résultats

Entrée de la foire horlogère de Bâle. Keystone

L'horlogerie vient de vivre les deux plus importantes manifestations de l'année, à Genève et à Bâle. Pour l'industrie horlogère suisse, les affaires ont été excellentes. Pourtant, l'avenir ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

Ce contenu a été publié le 31 mars 2001 - 10:56

En plein salon de Bâle, la Fédération de l'industrie horlogère suisse a publié les chiffres de ses exportations de montres et de mouvements. Par rapport à la même période de l'année 2000, pourtant considérée comme l'année de tous les records, l'augmentation des exportations de janvier-février est de 21,7%, atteignant le chiffre de 1,671 milliard de francs.

Bien sûr, les horlogers ont le sourire à l'énoncé de ce résultat fabuleux. Mais il convient de le pondérer.

Premier signe inquiétant, l'augmentation, qui était encore de 20% en janvier aux Etats-Unis, est tombée à 3% en février. C'est donc le signe que l'économie américaine marque le pas. Or, traditionnellement, l'Europe suit la tendance des USA.

Deuxième signe, l'augmentation du prix moyen des pièces exportées par les Suisses. On s'est en effet aperçu que la valeur de l'or avait augmenté de 63%. Cela signifie que les montres portant le label suisse coûtent de plus en plus cher et que de moins en moins de gens, dans les pays émergents, peuvent se les payer.

Troisième signe, lui franchement alarmant, le nombre de pièces a diminué de 500 000 en février. Si certains tenants du luxe à outrance pensent qu'un tel phénomène n'est pas grave, c'est qu'ils ont la vue un peu courte.

La réduction du nombre de montres produites correspond à une perte de substance industrielle. Si elle ne s'exprime pas directement au niveau du produit fini, elle est bien réelle chez les décolleteurs, les fabricants de ressorts, les cadraniers, les boîtiers, les fabricants de pignons et de roues dentées.

C'est donc un savoir-faire important qui tend à disparaître éloignant ainsi de plus en plus l'industrie helvétique de la production horlogère de masse, abandonnée aux concurrents asiatiques. Si le luxe horloger venait à marquer sérieusement le pas, les fabricants suisses risquent bien de n'avoir plus que les yeux pour pleurer.

Eric Othenin-Girard

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article