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L'image 3D au secours des chirurgiens

En salle d'opération, lundi à Lausanne. ("2C3D medical")

Première médicale à Lausanne: des chirurgiens ont procédé lundi à la transplantation d'un rein assistée par ordinateur. La nouvelle technologie consiste à superposer l'image de l'organe à son image endoscopique captée pendant l'opération. Ce qui facilite énormément le travail du chirurgien.

L'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) avait développé en son temps une partie de «Pathfinder», le robot parti à la découverte de la planète Mars et qui s'était alors retrouvé dans un environnement qu'il ne connaissait pas vraiment, dont il ne voyait pas tous les éléments, mais où il devait quand même s'activer.

Quel rapport avec la transplantation assistée par ordinateur réalisée lundi matin à Lausanne au Centre universitaire hospitalier vaudois (CHUV)? On se retrouvait un peu dans la même configuration, nous explique Christian Kobler, l'un des cinq cofondateurs d'une start-up née l'an dernier dans le parc scientifique de l'EPF et baptisée «2C3D medical», c'est-à-dire «to see in 3D», voir en trois dimensions.

«Nous sommes issus de la robotique, nous dit-il, et nous cherchons à répondre à des besoins de technologies de navigation en chirurgie. Le chirurgien, tout comme le robot de la planète Mars, dispose de beaucoup d'informations disparates, il ne les utilise pas toutes et pas toutes en même temps.» Il ne restait qu'à concrétiser l'idée.

Les premières applications que cette petite équipe a cherché à mettre au point portent principalement sur le système digestif. Pour le rein, elle travaille de concert avec les chirurgiens du CHUV à Lausanne et vient donc de collaborer à la première transplantation assistée par ordinateur, réalisée par le professeur Vincent Bettschart.

La même recherche est menée en parallèle avec les Hôpitaux universitaires de Genève pour des opérations sur le foie. Les premiers tests ont là aussi déjà été passés avec succès et une première intervention sur cet organe assistée par ordinateur devrait être réalisée dans les prochaines semaines. D'autres recherches sont en cours pour la pose de prothèses.

Le principe est simple. «Au moment du scanner ou autre examen qui précède l'intervention chirurgicale, explique Christian Kobler, nous récupérons des images que nous restituons en trois dimensions. Au moment de l'opération, cette image 3D se superpose à celle qui provient des instruments endoscopiques. Le chirurgien se laisse alors guider par ce qu'il voit sur son écran de contrôle.»

L'avantage de ce guidage par ordinateur est multiple. Selon les explications reçues, le chirurgien atteint plus rapidement l'endroit de l'opération sans devoir dégager trop de tissus graisseux. Son intervention n'en sera que plus précise, ce qui est essentiel à la réussite d'une transplantation. Avec, au bout du compte, une sécurité accrue pour le patient.

«Notre outil informatique - l'EndoNavigator - s'utilise très facilement et avec un minimum d'installations, ajoute Christian Kobler. Dès le début de nos recherches, nous avons collaboré avec les chirurgiens et nous avons réussi à leur présenter quelque chose qui ne change pas fondamentalement leurs méthodes de travail mais qui devrait améliorer grandement leurs performances médicales.» Dont acte.

Bernard Weissbrodt


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