L'intégration des aînés reste un défi

En Suisse, plus d'un million de personnes ont plus de 65 ans. RTS

Plus l'homme vieillit, plus il a besoin de s'exprimer. Le problème, c'est que notre société laisse souvent les aînés sur le bord du chemin.

Ce contenu a été publié le 28 août 2002 - 08:29

Des stratégies sont toutefois mises sur pied pour lutter contre cette tendance.

La Suisse compte quelque 1 100 000 personnes âgées de plus de 65 ans. Cette proportion a plus que doublé depuis les années 50. Quant aux plus de 80 ans, l'Office fédéral de la statistique indique que leur part a quadruplé durant la même période.

«Malheureusement, dans notre société, les hommes qui n'ont plus d'activité professionnelle sont moins considérés que ceux qui en ont une», déplore André Rothenbühler, de l'institut de recherche GfS de Zurich.

L'aîné, un «homo politicus»

A la demande d'une assurance, André Rothenbühler a tenté de déterminer quels sont les facteurs qui contribuent au bonheur des Suisses. Pour y parvenir, il a interrogé 853 personnes âgées de 16 à 76 ans.

Cette étude a notamment permis de montrer dans quelle mesure la participation à la vie politique était importante pour les personnes interrogées.

«Il en ressort que, pour l'ensemble de la population, ce facteur n'a pas beaucoup d'importance, note André Rothenbühler. Mais plus les gens vieillissent, plus ils le considèrent comme important.»

«Les aînés participent intensivement aux décisions politiques. Ils sont avant tout de fidèles citoyens qui ne manquent que peu d'élections ou de votes», relève Angeline Frankhauser, ancienne conseillère nationale et coprésidente du Conseil suisse des seniors.

Or, les aînés sont toujours plus souvent écartés de la vie politique. En mai dernier, la commune bernoise de Madiswil a édicté une règle selon laquelle les plus de 70 ans ne peuvent plus siéger à l'exécutif communal.

Madiswil n'est pas un cas isolé. Au moins cinq autres communes bernoises ont adopté un règlement similaire. Quant au canton, il estime que de telles dispositions sont conformes à la Constitution.

Le Conseil suisse des seniors et Pro Senectute tentent de s'opposer à cette «guillotine de l'âge» par voie juridique.

«En Suisse, des gens sont exclus à cause de la limite d'âge. Cela va à l'encontre du principe "une personne, un vote"», plaide Angeline Frankhauser.

Tentatives d'intégration

Les autorités reconnaissent cependant que les personnes âgées ne doivent pas être mises de côté.

«Au lieu de créer de nouvelles places dans les homes, nous essayons aussi de mettre des mesures d'intégration sur pied», assure Regula Danneker, responsable de la section «aînés» du Service social de la Ville de Berne.

C'est ainsi, par exemple, que des crèches ont été intégrées dans des homes. «Il est très important que ce système donne satisfaction aux visiteurs comme aux personnes âgées», précise Regula Danneker.

Cette expérience bernoise a donné de très bons résultats. Mais pas partout. Elle marche très bien dans les quartiers où il y a du mouvement, mais des problèmes interviennent dès que le home se trouve loin du centre-ville.

Une image à corriger

Jusqu'à présent, la société ne semble se souvenir des aînés que lorsqu'elle en a besoin. «Les personnes âgées sont les bienvenues comme consommateurs, visiteurs de manifestations et contribuables», relève Angeline Frankhauser.

«Les aînés sont aussi bien considérés comme soutiens dans les situations de détresse et même comme force de travail, pour autant qu'il manque de jeunes, poursuit-elle. En revanche, ils ne sont plus les bienvenus lorsqu'ils ont des revendications.»

Le Conseil suisse des seniors veut donc corriger l'image des personnes âgées: «il ne s'agit pas seulement de gens qui demandent des soins et de l'aide. Ce sont des personnes autonomes qui vieillissent souvent en étant en bonne santé et pleines d'entrain.»

Bombe à retardement démographique

Notre société est de toute façon obligée de trouver de nouvelles perspectives pour les personnes âgées. Car les chiffres de l'Office fédéral de la statistique sont clairs: dans 33 ans, un quart de la population suisse aura plus de 65 ans.

swissinfo/Philippe Kropf

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