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L'interdiction de minarets fait «fausse route»

(Keystone Archive)

Le ministre Samuel Schmid rejette l'initiative contre la construction de minarets, lancée par une frange de son parti, l'Union démocratique du centre (UDC, droite dure).

«Nous ne résoudrons aucun problème ainsi», déclare-t-il dans la «SonntagsZeitung». L'idée suscite des critiques en Suisse et dans le monde musulman.

«L'initiative est l'expression d'une certaine inquiétude», reconnaît le ministre de la Défense, avant de préciser qu'«elle fait fausse route».

La polémique se déchaîne en Suisse depuis que, le 3 mai, des politiciens de la droite nationaliste ont lancé une initiative populaire visant à interdire la construction de minarets.

Les initiants ont précisé que leur projet n'était pas «dirigé contre les musulmans», car ils estiment qu'interdire la construction de minarets ne restreint pas la liberté de croyance en Suisse. Co-président du comité, le député UDC Ulrich Schlüer a qualifié les minarets de «constructions islamiques ayant une connotation impérialiste».

Clair rejet

Samuel Schmid, membre modéré du même parti et conseiller fédéral, la «rejette clairement» dans ses propos publiés dimanche.

«Si l'interdiction des minarets relève des prescriptions dans la construction, cela relève du droit cantonal et non de la Constitution. S'il s'agit d'une interdiction religieuse, cela entre en conflit avec la liberté de religion qui, elle, est ancrée dans la Constitution.»

Le ministre UDC ne nie pas que l'islam pose un problème en Suisse et que l'«inquiétude» que l'initiative populaire exprime est à prendre au sérieux, indépendamment de son contenu. Mais que c'est une «mauvaise recette».

Et de préciser que «l'islam est tout aussi respectable que le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme et les autres religions».

Les initiants isolés

Même s'il rejette l'initiative, Samuel Schmid n'entre pas en confrontation avec son parti, d'autant plus que celui-ci ne s'est pas encore prononcé à ce sujet. M. Schmid a ajouté vouloir résister contre ceux qui tentent de «semer la discorde» entre lui-même et son parti.

Largement représentée parmi les auteurs de l'initiative, l'UDC se prononcera en effet sur son soutien officiel lors de son assemblée des délégués du 30 juin. Et l'unanimité ne semble pas régner dans les rangs de ce parti gouvernemental. Jusqu'à son président, Ueli Maurer, qui craint des «problèmes juridiques».

Le texte est également présenté par des membres de l'Union démocratique fédérale (UDF), mais il est rejeté par tous les autres partis. Quant au gouernement, il n'a pas encore pris position sur le texte.

Polémique à l'étranger

Un texte qui menace la paix et est blessante pour les musulmans, selon Adel Méjri, membre de la direction de la Ligue des musulmans de Suisse. «Notre organisation, dont le but est l'intégration des musulmans, est choquée.»

Si elle a également suscité l'émotion de nombreux musulmans de Suisse, l'affaire n'est pas passé inaperçue à l'étranger. Des articles parus dans les médias arabes ont fait sensation. Les forums de lecteurs ont enregistré des réactions parfois virulentes, appelant par exemple au boycott des banques suisses.

Les propos particulièrement blessants de certains auteurs de l'initiative ne pouvaient que jeter de l'huile sur le feu. Ainsi, le député UDF Christian Waber a déclaré en conférence de presse que «l'islam n'est pas seulement une religion, mais surtout une déclaration de guerre au monde chrétien».

Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe à Genève, estime que, pour éviter de voir des extrémistes exploiter la situation, la Suisse doit réagir. «La diplomatie ne peut pas rester silencieuse, il y a un travail d'explication à faire pour éviter que les choses ne s'enveniment», a-t-il déclaré samedi dans «Le Temps».

swissinfo et les agences

Initiative populaire

L'initiative populaire permet à des citoyens de proposer une modification de la Constitution. Pour être valable, elle doit être signée par 100'000 ...

En bref

Un minaret est un élément architectural d'une mosquée. Il s'agit généralement d'une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments de laquelle les fidèles sont appelés à la prière.

En Suisse, seules les mosquées de Genève et de Zurich ont des minarets, qui ne sont toutefois pas utilisés pour appeler à la prière.

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Grandes religions en Suisse

En Suisse, plus des trois quarts de la population sont de confession chrétienne: 42% de catholiques, 35% de protestants et 2,2% d'autres religions chrétiennes.

Avec plus de 310'000 membres (4,3%), l'islam est la deuxième religion du pays. 12% des musulmans ont un passeport suisse. Ils proviennent pour l'essentiel des Balkans et de Turquie.

La communauté juive de Suisse compte quelque 18'000 personnes (0,2%), dont 80% d'entre eux sont suisses.

Les hindous et le bouddhistes sont respectivement 28'000 et 21'000.

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