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L'Italie, un champion mérité!

Ce matin, plusieurs journaux titrent en vert, blanc et rouge.

(swissinfo.ch)

Au lendemain de la finale de la Coupe du monde de football, la presse suisse retient la victoire «méritée» de l'Italie et les tristes adieux de Zinedine Zidane.

Dans un bilan plus global, les éditorialistes regrettent le manque de spectacle dû à un jeu toujours plus défensif.

«Il mondo è azzurro», s'écrie le journal romand Le Matin. «L'Italie au Paradis», titre la Tribune de Genève, en vert, blanc et rouge pour l'occasion. «Campione del mondo», lance pour sa part le quotidien zurichois NZZ.

Et, à la une, l'image de Fabio Cannavaro, le capitaine italien, soulevant la Coupe du monde. Le «remarquable» défenseur a ainsi «fêté de la plus belle des manières sa centième sélection avec l'équipe d'Italie», constate La Liberté.

«L'Italie à la tombola!», titrent, de leur côté, les quotidiens neuchâtelois L'Express et l'Impartial, puisque cette victoire a dû être arrachée «à la loterie des tirs au but».

Mais cette quatrième couronne mondiale, l'Italie l'a méritée, jugent les éditorialistes, même si elle l'emporte à l'issue d'une finale que le Corriere del Ticino juge «molle et ennuyeuse».

Pour 24 Heures, la finale a certes été dominée par la France, mais «sur l'ensemble du tournoi, on ne peut pas dire que ce titre est usurpé». Un avis partagé par la Berner Zeitung: «Le titre va à l'équipe qui l'a mérité. L'Italie a mieux joué que tous les autres. Elle a su doser ses efforts et frapper au bon moment».

«L'Italie n'avait jamais gagné aux penalties en phase finale, observe le Matin. Elle a vaincu le signe indien». «La Squadra Azzurra a conjuré le mauvais sort, souligne également la Tribune de Genève. Elle a mis fin à une série noire aux tirs au but.»

«Dans l'adversité, seule contre tous, l'Italie a conquis une couronne à laquelle ils étaient peu nombreux à croire il y a un mois encore», note l'envoyé spécial du journal genevois.

«Engluée dans le scandale de corruption des matches truqués, la Botte avait mal pour sa Squadra Azzurra. Mais Berlin n'est pas Rome. La capitale allemande a consacré la meilleure équipe de la compétition... Et l'Italie est un beau champion du monde.»

Le geste de Zidane

Au lendemain de la finale, tous les éditorialistes reviennent sur les tristes adieux de Zinedine Zidane, expulsé après avoir frappé le défenseur italien Marco Materazzi. Alors que «l'Italie gagne le titre, Zidane perd la tête», résume 24 Heures.

On pensait qu'il s'en irait «sous une pluie d'acclamations et d'applaudissements». Et voilà que l'icône du foot français s'en va sur un geste «vindicatif».

«Un geste inexcusable», condamne la Tribune de Genève. Pour «un adieu sans gloire», regrette La Liberté.

Pour La Regione Ticino, Zinedine Zidane a conclu sa carrière de façon «indigne», en se laissant une fois de plus aller à une de ces «bêtises qui ont entaché un curriculum autrement extraordinaire».

Un bilan mitigé

Lundi matin, les éditorialistes tirent aussi un premier bilan de ce Mondial 2006 en Allemagne. Tous relèvent une organisation sans faille, mais regrettent que le spectacle n'ait pas été à la hauteur.

«Peu de buts marqués» et de «rares révélations (merci Ribéry)»... C'est un peu comme si «après être entré dans un restaurant au décor magnifique, des serveurs impeccables vous présentaient des mets raffinés dans une vaisselle étincelante. Vous goûtez et le plat est fade», résume La Liberté.

«On n'a pas assisté à du grand football, renchérit le Tages Anzeiger. Aucune partie ou presque n'est inoubliable». Les commentateurs relèvent surtout la primauté de la défense. Dans la Tribune de Genève, le légendaire Pelé observe que «les buteurs n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Ce sont des défenseurs comme Cannavaro ou Lahm qui m'ont le plus impressionné».

«Spectacle d'une infinie tristesse» ou «niveau tactique exceptionnel»... Au final, peu importe, juge Le Temps, puisque pendant un mois, le Mondial a «permis d'oublier des choses bien plus sérieuses: la corruption en Italie, le trou de la Sécu en France, la galère en Argentine, la guerre en Côte d'Ivoire.» Et il a donné l'occasion à «l'Allemand de s'aimer enfin, et au Suisse d'oublier son immobilisme contrit.»

Enfin, cet événement sportif a peut-être su «éveiller quelque chose en chacun de nous, conclut le Tages Anzeiger. Il nous a peut-être fait comprendre que nous avions envie de rompre avec l'individualisme qui caractérise le monde actuel et vivre davantage en communion».

swissinfo, Alexandra Richard


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