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L'offensive de Swissair au Japon

Swissair aimerait faire un vol chaque jour de la semaine entre Tokyo et Zurich.

(Keystone)

Pour Swissair, le Japon est une destination vitale du point de vue économique. Surtout au moment où la compagnie suisse traverse la crise la plus grave de son histoire. Ce qui la pousse, aujourd'hui, à dénoncer les coûts prohibitifs pratiqués dans un marché encore hyper réglementé.

De concert avec The European Business Community (ECB) - une association de défense des intérêts des milieux d'affaires de l'Union européenne - Swissair plaide en faveur d'une réduction de 50% des coûts de l'aviation civile au Japon.

Le transporteur suisse recommande une diminution des droits d'atterrissage - les plus élevés du monde -, la construction d'un deuxième aéroport international dans la baie de Tokyo et la déréglementation de la distribution des billets d'avion.

«Le nouveau Premier ministre Junichiro Koizumi est, peut-être, notre meilleure chance», déclare Jean-Philippe Benoit, responsable de Swissair à Tokyo. Imaginez un peu: l'atterrissage d'un Jumbo à Narita ou à Osaka coûte environ 10 000 dollars contre 2000 à 3000 dollars en Europe.

L'aéroport international de Narita est l'un des plus éloignés de l'un des grands centres urbains de la planète. Et, il ne comprend toujours qu'une seule piste, plus de vingt ans après sa mise en service. Une deuxième va bientôt être introduite mais cela restera insuffisant.

«C'est, précise Jean-Philippe Benoit, la raison pour laquelle nous voulons promouvoir la construction d'un deuxième aéroport international dans la baie de Tokyo, très proche du centre, et beaucoup moins cher à gérer que Narita».

Narita est situé à près de 70 km de la capitale japonaise. Swissair assure cinq vols par semaine vers la Suisse, son partenaire Japan Airlines cinq autres.

La compagnie suisse aimerait effectuer un vol chaque jour de la semaine entre Tokyo et Zurich. Mais, comme Narita ne dispose que d'une piste et que les mouvements aériens sont limités à 135 000 par an par souci de l'environnement, les autorités japonaises refusent d'accorder à Swissair d'autres «slots» (créneaux) ou de permissions d'atterrir et de décoller.

«Nous desservons aussi Osaka plusieurs fois par semaine. Mais nous aimerions faire du vol quotidien à partir de Narita. Pour remédier à la pénurie de slots, nous augmenterons, dans un peu plus d'un an, le nombre de sièges avec l'introduction de nouveaux Airbus A340-600. Ils offriront 300 places contre 240 pour les MD11», souligne Jean-Philippe Benoit.

L'industrie suisse du tourisme appréciera cet effort. Car, «l'apport des touristes japonais est immense pour les hôtels et les magasins d'Interlaken et d'ailleurs en Suisse», ajoute Jean-Philippe Benoit.

Si Swissair et les autres transporteurs européens multiplient les initiatives pour inciter le gouvernement japonais à libéraliser son marché aérien, c'est parce qu'il est d'une importance économique vitale non seulement pour l'archipel mais aussi pour ses partenaires étrangers.

Le Japon reste, en effet, le marche aérien d'Extrême-Orient le plus riche et, donc, le plus convoité.

Georges Baumgartner, Tokyo


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