Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

L'ONU prolonge le mandat de Carla del Ponte

Carla del Ponte, en visite à Belgrade le 4 juin 2007.

(Keystone)

Le conseil de sécurité des Nations Unies a voté la prolongation jusqu'à la fin de l'année du mandat de Carla comme procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Et pendant ce temps, Belgrade a interpellé puis expulsé Sasa Karadzic, fils du chef politique des Serbes de Bosnie, dont le père est recherché depuis douze ans par le TPIY.

En juin, Carla del Ponte avait déjà accepté de rester à son poste jusqu'en décembre, soit trois mois de plus que prévu, à la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Elle doit ensuite devenir ambassadrice de Suisse en Argentine, à partir de janvier prochain.

La décision du Conseil de sécurité était donc attendue. Elle a été prise à 14 voix sur 15, avec une abstention, celle de la Russie. Le représentant de Moscou, Ilya Rogachev, a vivement critiqué la procureure, l'accusant de «ne pas avoir une conception correcte de son mandat» et demandé une «correction urgente» de la manière dont le TPIY est géré.

La Russie est l'alliée fidèle de la Serbie et Carla del Ponte accuse régulièrement les deux pays, ainsi que la Bosnie, de manque de coopération dans les efforts pour arrêter les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

Les deux hommes, inculpés de génocide par le TPIY pour leur rôle dans la guerre de Bosnie, sont en fuite depuis 1995.

Le fils de Karadzic expulsé

Par ailleurs, Sasa Karadzic, le fils de Radovan, interpellé vendredi à Belgrade pour un contrôle d'identité, «a trois jours pour quitter la Serbie. Sa carte d'identité n'est pas conforme à la loi serbe et lui a été retirée», a précisé le ministre serbe chargé de la coopération avec le TPIY, Rasim Ljajic.

Sasa Karadzic était au chevet de son fils de cinq ans, qui venait de subir une opération chirurgicale à la hanche à l'hôpital de Belgrade, lorsqu'il a été appréhendé par «la police spéciale serbe», a déclaré vendredi sa soeur Sonja Jovicevic Karadzic.

«On continue à exercer des pressions sur notre famille. Ce contrôle d'identité n'était qu'un prétexte pour poursuivre le harcèlement dont nous sommes l'objet», a-t-elle ajouté, affirmant que son frère était surveillé par la police depuis son arrivée à Belgrade fin août.

Les deux enfants de Karadzic vivent à Pale, une bourgade proche de Sarajevo transformée en «capitale» des Serbes de Bosnie pendant la guerre de 1992-95.

Carla del Ponte est quant à elle attendue en Serbie d'ici la fin du mois. Son rapport sur les efforts de la Serbie pour retrouver les fugitifs sera déterminant pour la future intégration de la république balkanique dans l'Union européenne.

swissinfo et les agences

Carla del Ponte

Née en 1947, elle est devenue en 1981 procureure du canton du Tessin. Elle s'est taillé une réputation grâce à sa lutte contre le blanchiment d'argent, la criminalité organisée et le trafic d'armes.

Entre 1994 et 1999, Carla Del Ponte a travaillé comme procureure du Ministère public de la Confédération (MPC) avant d'être appelée par les Nations Unies au poste de procureure auprès du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Son mandat arrivait à échéance en septembre 2007, mais il a été prolongé jusqu'à la fin de l'année. Dès janvier, elle sera ambassadrice de Suisse en Argentine.

Fin de l'infobox

Le TPIY

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) est basé à La Haye (Pays Bas). Il a été établi en vertu de la Résolution 827 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Cette Résolution a été adoptée le 25 mai 1993, en réponse à la menace pour la paix et la sécurité internationale représentées par les violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis 1991.

Fin de l'infobox


Liens

×