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Depuis un entrepôt, le V de la victoire effectué par des réfugiés syriens hébergés près de la frontière syrienne, dans le camp Altinozu, en Turquie.

Depuis un entrepôt, le V de la victoire effectué par des réfugiés syriens hébergés près de la frontière syrienne, dans le camp Altinozu, en Turquie.

(Keystone)

Depuis plus de 3 mois, un nombre croissant de Syriens manifestent pour mettre à bas le régime du président Bachar al-Assad, malgré une répression de plus en plus forte et sanglante. En Syrie, comme en Suisse, l’opposition s’organise.

Le 3ème discours du président Bachar al-Assad depuis le début des manifestations en Syrie le 15 mars dernier, n’a pas érodé la détermination des opposants au régime. Bien au contraire selon Selma (nom d’emprunt), une habitante de Homs (centre) jointe par swissinfo.ch. «Ce discours a rendu les Syriens encore plus en colère, raconte notre interlocutrice. Dans mon voisinage, des gens répondaient par des hurlements aux propos télévisés de Bachar al-Assad.»

Une colère que partage Selma: «Quel est ce président qui ment à la population ? Il ose prétendre que les violences sont le fait de bandes armées. Mais les vrais gangsters sont les forces de sécurité qui tuent, même des enfants, violent des femmes, même vierges, pillent et brulent des maisons.»

Des promesses

Ces accusations sont en bonne partie reprises tant par le Haut-commissariat aux droits de l’homme que par des ONG comme Human Rights Watch ou Amnesty international, même s’il est quasi impossible pour ces institutions de les vérifier, vu la chape de plomb qui pèse sur le pays.

Dans son discours prononcé lundi à l'université de Damas, le président Assad a une nouvelle fois lancé des promesses en appelant au «dialogue national» et en promettant des élections législatives pour le mois prochain ainsi qu’un programme de réformes d'ici septembre.

«Ces annonces sont hypocrites et participent d’un jeu tordu, juge Selma. En fait de consultations et de dialogue national, le pouvoir cherche à se renseigner sur les opposants pour mettre la main sur les dirigeants et les organisateurs des manifestations.»

La répression, elle, ne faiblit pas. «Ces derniers temps,  les manifestations ont lieu quasiment tous les jours de manière spontanée, contrairement à celles du vendredi. Dans certains quartiers, les gens manifestent même le matin et l’après-midi, puis rentrent chez eux avant l’arrivée des forces de sécurité. Les gens sont très déterminés. Ils disent: soit nous pouvons vivre dans la dignité, soit nous mourrons.»

Depuis Lausanne, Wajd Zimmerman s’exprime de manière similaire: «Aujourd’hui, les manifestants veulent tout autant le respect de leur dignité, que la liberté.»

Mobilisation en Suisse

Non politisée, cette Syrienne de Suisse a rapidement décidé de s’engager aux côtés de ses compatriotes révoltés par une répression qui se déroule à huis clos. Son action vise à alerter l’opinion publique de son pays d’adoption et pousser le gouvernement suisse à soutenir activement les pressions et les sanctions internationales contre la dictature du clan al-Assad.


Dans une lettre adressée début juin à la présidente de la Confédération, Wajd Zimmermann et le Groupe de la communauté des Syriens de Suisse invitent Berne à «appuyer sans ambiguïté et fortement» la résolution déposée par la France et le Royaume-Uni le 8 juin dernier auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Une démarche organisée par le Collectif Jasmin.

Né le soir même du vote sur les minarets comme espace de mobilisation pour les Arabes de Suisse, ce Collectif présent sur Facebook s’est fait l’écho des soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Aujourd’hui, il relaie surtout les infos et les revendications des manifestants syriens, selon Wajd Zimmerman.

Chasse aux blessés

Wajd Zimmermann et ses compatriotes de Suisse récoltent aussi des fonds pour fournir de l’aide aux victimes de la répression. En effet, suite aux sièges que l’armée et les forces de sécurité imposent régulièrement aux villes ou aux quartiers les plus rebelles, la situation sanitaire dans plusieurs villes du pays devient critique.

«Une partie des quartiers en banlieue de Homs font face à des pénuries de nourriture. Ils sont cernés par les forces de sécurité et l’armée. Dans les quartiers de la ville qui se mobilisent massivement, ils coupent l’électricité plusieurs nuits d’affilée et empêchent les gens d’y pénétrer ou d’en sortir», raconte Selma.

«Nous avons des médecins qui prennent en charge les blessés. Pour donner les premiers soins, nous devons cacher les blessés. Car ils ne peuvent être transportés dans les hôpitaux ou les cliniques. Les forces de sécurité y font des incursions pour kidnapper ou tuer les manifestants blessés. Elles arrêtent aussi ceux qui transportent des pansements ou des médicaments.»

Rejet des armées étrangères

Malgré la répression toujours plus féroce, Selma est persuadée que le régime tombera. «Mais nous ne comptons pas sur la communauté internationale. Nous misons sur nous-mêmes, sur notre détermination et notre unité. Nous sommes contents que d’autres pays fassent pression sur notre gouvernement et prennent des sanctions. Mais nous ne voulons pas d’une intervention comme en Libye. Nous rejetons complètement l’option militaire.»

Promesses de Damas au CICR

Cette semaine, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger s’est rendu à Damas.

«Les discussions, franches et concrètes, ont porté exclusivement sur des questions d’ordre humanitaire, a déclaré M. Kellenberger. Les responsables syriens se sont montrés réceptifs et ont accepté d’accorder au CICR et au Croissant-Rouge arabe syrien un accès plus large aux zones où sévissent des troubles. Je vais suivre personnellement de près comment cet accord sera mis en pratique.»


Selon le CICR, Il est impératif de disposer d’un accès sans entrave pour pouvoir évaluer la situation humanitaire et fournir une aide qui corresponde aux besoins. M. Kellenberger a également demandé que les délégués du CICR soient autorisés à rendre visite aux détenus conformément aux modalités de travail habituelles de l’institution. «Le gouvernement syrien s’est déclaré disposé à discuter des conditions qui régissent les visites du CICR», a ajouté M. Kellenberger. «C'est un premier pas en avant. »

Selon des ONG syriennes, la répression a fait plus de 1300 morts

parmi les civils et entrainé l’arrestation de plus de 10’000 personnes. Le nombre de réfugiés syriens ne cesse de croître, en particulier en Turquie.

Sources: CICR et AFP

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swissinfo.ch


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