L'UDC veut contraindre les étrangers à s'intégrer

L'UDC propose d'établir un contrat d'intégration entre l'Etat et l'immigrant à son arrivée. Keystone

L'Union démocratique du centre (UDC/droite nationaliste) prépare une initiative populaire visant à contraindre les immigrants à respecter les règles en vigueur en Suisse sous peine d'être expulsés.

Ce contenu a été publié le 17 mars 2007 - 18:49

Réunis en assemblée à Lugano, les délégués du parti ont évoqué les idées forces d'un contrat d'intégration. Ils ont aussi dit «oui» à la 5e révision de l'assurance invalidité (AI)soumise au peuple en juin.

Le texte, intitulé «Nos règles sont valables pour tous», a été présenté par la section tessinoise de l'UDC aux 300 délégués présents. Il vise à contraindre les étrangers à se soumettre aux règles en vigueur en Suisse, sous peine de devoir quitter le territoire national.

Le comité directeur du parti a reçu le mandat de préparer une initiative populaire allant dans ce sens, qui sera soumise aux délégués le 30 juin. La récolte de signatures pourrait commencer le 1er août.

Selon le vice-président de l'UDC Yvan Perrin, la violence est partout il y a un réel problème d'intégration. C'est donc un devoir «d'éloigner celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas admettre nos principes».

En ce sens, les criminels étrangers doivent être systématiquement expulsés, même s'ils sont mineurs. Et «s'il s'avère que les parents ont négligé leur devoir d'éducation, l'expulsion touchera toute la famille», a encore martelé Yvan Perrin pour qui le principe de la naturalisation à l'essai doit être introduit.

Un contrat, des cours et une langue nationale

Pratiquement, l'UDC propose d'établir un contrat d'intégration entre l'Etat et l'immigrant à son arrivée. Celui-ci doit remplir une déclaration de loyauté envers la constitution suisse et l'ordre juridique en vigueur dans le pays.

L'initiative prévoit d'obliger le nouvel arrivant à suivre des cours d'intégration qu'il paierait de sa propre poche et au terme desquels il verrait ses connaissances évaluées. En dernier lieu, l'immigrant doit apprendre une des langues nationales.

Celui qui n'arrive pas à s'intégrer ou qui se fait condamner doit quitter la Suisse pour avoir rompu le contrat, poursuit l'UDC.

L'UDC propose en outre de ne pas fournir d'aide sociale aux immigrants durant les cinq premières années de leur présence en Suisse, afin d'éviter que ceux-ci ne profitent du système social.

Le ministre de la Justice Christoph Blocher a fait de la violence des jeunes un sujet de préoccupation majeur. Il a réitéré sa volonté de renforcer la présence policière et la prévention dans les écoles. Il veut en outre obliger les enseignants à dénoncer les infractions les plus graves.

Pour la 5e révision de l'AI

Comme prévu, les délégués de l'UDC se sont également prononcés massivement en faveur de la votation sur la 5e révision de l'assurance invalidité (AI). Ils ont voté par 310 voix contre 1 en faveur du texte qui sera soumis au peuple le 17 juin.

La révision, contre laquelle un référendum a été déposé, ne va pas assez loin, a estimé le député Toni Bortoluzzi. Elle va cependant montrer si le principe visant à favoriser la réinsertion peut être un succès même si elle pourrait ne pas suffire à résoudre le principal problème de l'AI: son financement. Une 6e révision est d'ores et déjà nécessaire.

Le laxisme dans l'attribution des rentes et le tabou social entourant la question des abus et des faux invalides ont en effet transformé l'AI en «self-service pour les fainéants», a dénoncé Toni Bortoluzzi.

Le Parti socialiste en ligne de mire

A noter que la réunion de Lugano a donné au président de l'UDC Ueli Maurer l'occasion de tirer quelques salves sur la gauche. Ce dernier a critiqué la position du Parti socialiste (PS) dans le litige sur la fiscalité entre Berne et l'Union européenne.

Incapables de convaincre sur le plan national, les socialistes sont allés chercher ailleurs des appuis, a-t-il dénoncé.

Les pressions conjointes de la gauche et de Bruxelles sont à considérer comme une attaque contre le cœur de la Suisse, la plus grande depuis la Deuxième Guerre mondiale.

«La souveraineté fiscale n'est pas négociable», a-t-il conclu. Selon lui, en cas de sanctions européennes, la Suisse doit adopter des mesures de rétorsion.

swissinfo et les agences

Faits

Le Parti des paysans, artisans et indépendants a été fondé en 1937
Il a changé d'appellation pour devenir l'UDC en 1971
L'UDC est présidée par Ueli Maurer
Elle occupe 55 des 200 sièges de la Chambre basse (Conseil national) du Parlement
Et 8 sièges sur 46 à la Chambre haute (Conseil des Etats) du Parlement
Elle a deux ministres sur sept au gouvernement (Conseil fédéral)

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En bref

- Avec les radicaux (PRD / centre-droit), les démocrates-chrétiens (PDC / centre) et les socialistes (PS / gauche), les démocrates du centre (UDC / droite nationaliste) se partagent les sept sièges du gouvernement fédéral.

- L'Union démocratique du centre était à l'origine un parti agrarien qui s'est progressivement profilé très à droite de l'échiquier politique en n'évitant pas toujours le recours au populisme.

- L'UDC a enregistré un large succès lors des élections fédérales de 2003, devenant le premier parti du pays au sein de la Chambre du peuple (Conseil national).

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