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La bataille autour d'Armée XXI est lancée

La future armée doit passer de 360 000 militaires à 120 000, plus 80 000 réservistes.

(Keystone Archive)

Après des mois de mise au point, le Département fédéral de la défense a lancé mercredi la procédure de consultation concernant le plan directeur d'Armée XXI. Une consultation qui marque le départ d'une large discussion autour de l'armée suisse du 21e siècle.

Comme par le passé, l'armée restera attachée aux deux principes intangibles de la défense helvétique: la neutralité et le système de milice. Toutefois, quelques changements importants sont prévus.

Malgré la pérennité du système de milice, l'armée va davantage se professionnaliser. Hormis pour l'instruction, il sera aussi possible d'engager des soldats pour des durées déterminées, principalement pour des missions de paix à l'étranger.

Pour suivre l'évolution de la société, l'armée du nouveau siècle sera également davantage ouverte aux femmes. Celles-ci continueront de servir sur une base volontaire, mais auront désormais accès à toutes les fonctions, notamment dans les unités de combat.

Les jours de service s'étaleront sur une période plus courte. L'école de recrue passera à 24 semaines et il n'y aura plus que six cours de répétition de 19 jours chacun. Et pour ceux qui le veulent, il sera également possible d'effectuer son service militaire d'un seul bloc.

Les hommes du rang devraient ainsi achever leurs obligations militaires à 30 ans déjà. Quant aux cadres, ils bénéficieront d'une formation plus courte. Le Conseil fédéral estime que ces mesures permettront de mieux faire coexister exigences militaires et besoins du monde économique.

Enfin, les effectifs de l'armée devraient fondre. La future armée doit passer de 360 000 militaires à 120 000, plus 80 000 réservistes. Mais cette baisse des effectifs sera compensée par un plus haut niveau de technicité.

Cette plus haute technicité se traduira notamment par la disparition de troupes que d'aucuns jugent «folkloriques». C'est ainsi que les chevaux des troupes du train et les cyclistes devraient tomber dans les oubliettes de l'histoire, tout comme la cavalerie dans les années 70.

Le plan directeur prévoit également la suppression des troupes cantonales. Ce projet pourrait se heurter à une certaine résistance dans les cantons. Toutefois, le plan prévoit que la composition des formations militaires se fera sur la base de critères régionaux.

Partis et milieux intéressés ont maintenant jusqu'au 31 juillet pour faire connaître leur avis. Le Conseil fédéral pourra ensuite adresser son message définitif au Parlement, très probablement cet automne déjà. Quant à Armée XXI, elle devrait être opérationnelle dès 2003, si tout se passe selon le calendrier prévu.

Olivier Pauchard


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