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La bataille autour des déchets nucléaires se rallume

Un tel transport, à destination de Sellafield, ne s'était pas vu depuis plus d'un an.

(Keystone)

Des militants de Greenpeace ont manifesté mardi contre la reprise des transports de combustible usé à destination de l'usine de Sellafield, en Grande-Bretagne. Ils ont tenté, en vain, de bloquer un convoi parti de Mühleberg. Mais l'organisation écologiste a bien l'intention de poursuivre sa lutte contre la pratique du retraitement.

Les activistes de Greenpeace ont bien réussi, à Fleurier dans le canton de Neuchâtel, à barrer la route au convoi parti à l'aube de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE). Mais les deux camions, chargés de containers spéciaux, renfermant chacun 1 tonne de combustible, ont changé d'itinéraire, avant de passer la frontière française, près du Locle.

Un tel transport, à destination de Sellafield, ne s'était pas vu depuis plus d'un an. La conséquence, notamment, du gel décidé par la Confédération en mars 2000, suite à un rapport très critique concernant l'usine de retraitement britannique. La Division principale pour la sécurité des installations nucléaires avouait, à l'époque, être «préoccupée par la culture de sécurité insuffisante» de Sellafield.

Aujourd'hui, pourtant, les transports reprennent. Une décision prise par l'Office fédéral de l'énergie (OFE), suite à une visite effectuée, il y a quelques semaines, par des experts suisses. «Ils ont visité Sellafield, ils ont parlé avec des représentants des autorités britanniques. Et à l'issue de cette visite, ils ont été d'avis qu'il était possible de recommencer les transports», explique Beat Wieland, chef de la section énergie nucléaire de l'OFE.

Une conclusion qui, évidemment, n'a pas plu à Greenpeace, opposant déterminé à l'énergie nucléaire, et en particulier au recyclage des déchets. «Le retraitement du combustible nucléaire irradié provoque de façon routinière une pollution grave de l'environnement atmosphérique et maritime, avance Clément Tolusso, porte-parole de l'organisation. Chaque jour, Sellafield déverse 8 millions de litres d'effluents radioactifs dans la mer d'Irlande.»

Greenpeace qui est bien déterminé à poursuivre sa lutte contre ce type de transports. Et les écologistes ont du pain sur la planche. Car ces prochains mois ce sont au total 63 éléments de combustibles provenant de Mühleberg qui doivent être livrés à Sellafield: soit 125 tonnes de déchets radioactifs, qui vont nécessiter encore sept voyages.

Pourtant, le retraitement pourrait à terme disparaître, ou plus précisément être interdit. C'est en tout cas ce que prévoit le projet de nouvelle loi sur le nucléaire. Même si, comme le précise Beat Wieland, «le Conseil fédéral est d'avis que le retraitement prévu par les contrats existants devrait être poursuivi».

Cette idée d'interdire le retraitement, Greenpeace l'approuve, tout en restant sceptique. «D'ici là, beaucoup de combustible nucléaire aura été retraité en France et en Angleterre, remarque Clément Tolusso. Et si cela se trouve, cette nouvelle loi n'entrera en vigueur que quand, de toute façon, l'industrie atomique se sera rendu compte que son activité n'est financièrement pas valable.»

Pierre Gobet


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