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La bataille pour l'or fait rage

Ce comité ne dispose pas des moyens financiers de l'UDC pour mener campagne. Keystone

Il faut faire bénéficier l'AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire de l'or excédentaire de la BNS. C'est l'avis d'un comité qui lance sa campagne.

Ce contenu a été publié le 07 juin 2002 - 18:44

Moins d'une semaine après l'UDC, c'est au tour des partisans du contre-projet du Conseil fédéral de lancer leur campagne en vue des votations fédérales du 22 septembre. Il porte sur l'utilisation des réserves d'or excédentaires de la Banque nationale Suisse (BNS).

Pour conserver ce patrimoine, il faut - affirment-ils - constituer un fonds pour en répartir chaque année les revenus à parts égales entre l'AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire. Ce qui serait un compromis «équilibré et équitable».

Financement à court terme

Selon le comité suisse «Oui au contre-projet», l'initiative «sur l'or» de l'UDC ne garantit qu'un financement de l'AVS à très court terme.

Il faut faire bénéficier l'AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire de l'or excédentaire de la BNS.

Car contrairement à l'initiative «sur l'or» qui veut affecter tout le produit de la vente des 1300 tonnes d'or de la BNS à l'AVS, le contre-projet prévoit de confier ce capital de quelque 20 milliards de francs à un fonds indépendant.

Ainsi, les intérêts dégagés chaque année - environ 750 millions de francs - seraient répartis à parts égales entre l'AVS, les cantons et la Fondation.

Une proposition qui fait mouche

Ce calcul risque bien de faire mouche auprès des citoyens. En effet, cette proposition permet de garder intact le capital de la vente de l'or.

«Dans 30 ans, nous pourrons décider librement en concertation avec la nouvelle génération ce qu'il convient de faire de ce patrimoine», explique la conseillère aux Etats radicale bernoise Christine Beerli.

«Et en défendant cette solution, ajoute la députée, nous entendons promouvoir le consensus social dans notre pays qui pourrait être mis en péril par l'attribution unilatérale d'un patrimoine commun».

Capital épuisé en huit mois

Ces arguments sont largement soutenus par le conseiller national libéral neuchâtelois Rémy Scheurer. «les dépenses de l'AVS, explique le député, s'élèvent à 30 milliards par an».

Selon lui «avec la solution de l'UDC, le capital de 20 milliards utilisé d'un coup, sera épuisé au bout de huit mois».

Cela dit, le comité ne s'attaque pas seulement aux partisans de l'initiative «sur l'or», mais aussi à certains députés radicaux défendant un double non le 22 septembre prochain.

Un double non qui, pour ce comité, signifie l'exclusion pure et simple de l'AVS sur la liste des bénéficiaires de l'avoir excédentaire de la BNS.

Face à une série de revendications

Et ce n'est pas tout. «Il n'est en outre pas sûr qu'un double non soit plus favorable aux cantons, affirme le conseiller aux Etats démocrate chrétien lucernois, Franz Wicki.

Pour ce parlementaire, «le Parlement se retrouverait devant toute une série de revendications. Et Il se passerait encore une fois des années avant qu'il ne trouve une solution».

Enfin, toujours selon ce comité, le contre-projet permet de financer la Fondation Suisse solidaire, contre laquelle l'initiative sur l'or a été lancée.

«Contrairement à ce qu'affirme l'UDC, explique la conseillère nationale socialiste zurichoise, Vreni Müller-Hemmi, cette institution n'est pas le résultat de pressions américaines sur la Suisse».

«Car la Fondation, ajoute la députée, ne vise pas à réparer les erreurs du passé. C'est une oeuvre tournée vers l'avenir, et sa création s'insère dans la tradition humanitaire suisse».

Comité large

A noter que ce contre projet est défendu par une large partie du parlement. Ce ne sont pas moins de 120 parlementaires qui montent au créneau pour le défendre. Mais seuls deux UDC et la moitié du groupe radical des Chambres y figurent.

Mais, ce comité ne dispose pas d'autant de moyens que les partisans de l'initiative pour mener campagne.

De fait, l'UDC prévoit un budget de quelque 500 000 francs. Le comité, lui, table sur le développement d'un bon réseau dans la société civile pour propager ses idées.

swissinfo avec les agences

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