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La Bourse suisse se démocratise

La plupart des géants de l’économie suisse vont fractionner leurs actions.

(Keystone Archive)

La modification de la loi sur les sociétés anonymes, qui entre en vigueur le 1er mai, va permettre aux entreprises de réduire jusqu'à un centime la valeur nominale de leurs actions. Les particuliers pourront ainsi acheter plus facilement des titres.

Cette année, la fête du travail pourrait être aussi celle du capitalisme populaire. Jusqu'ici les petits investisseurs qui désiraient acheter des titres suisses à la Bourse devaient soit limiter leur choix à quelques sociétés, soit investir des sommes très importantes.

Ainsi, par exemple, acquérir une action du géant pharmaceutique bâlois Roche coûte aujourd'hui plus de 12 000 francs. Actuellement 17 des 29 sociétés du Swiss Market Index, les valeurs phares de la Bourse, affichent un cours supérieur à 1000 francs. Difficile pour Monsieur Tout-le-monde de mobiliser une telle somme.

Mais, la situation va radicalement changer. Une nouvelle disposition légale autorise les sociétés cotées à la Bourse suisse à baisser à un centime la valeur nominale de leurs actions, contre 10 francs jusqu'ici.

De nombreuses sociétés ont profité de cette nouvelle loi approuvée en novembre dernier par le Conseil fédéral. Roche, Nestlé, Novartis, ABB, la plupart des géants de l'économie vont fractionner leurs actions.

Les assemblées générales de nombreuses entreprises viennent d'ailleurs d'approuver ce «split». Désormais des cotations supérieures à 500 francs devraient être l'exception.

Cette nouvelle réglementation va non seulement faciliter l'accès aux actions à une plus large partie de la population, mais aussi simplifier la remise de titre personnel comme bonus. Revers de la médaille, les opérations de fusions seront aussi facilitées car les sociétés pourront s'échanger plus simplement des actions. Or ce type de restructuration engendre souvent des licenciements.

En janvier 2000, cette idée de «splitting» avait été écartée. Mais elle a refait surface en août pour finalement entrer en vigueur en neuf mois.

La rapidité avec laquelle ce dossier a été mené, montre que Berne a pris conscience des nécessités d'adapter sa législation économique aux standards internationaux. A la Bourse de New York, les titres valent généralement moins de 100 dollars (environ 170 francs).

Luigino Canal


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