La caisse-maladie unique divise la gauche

La caisse unique remboursera-t-elle à l'avenir la consultation du médecin? (Keystone) Keystone

Le camp bourgeois se prononce à l'unisson contre l'initiative. Pour sa part, la gauche est divisée par rapport à l'inconnue du montant exact des primes.

Ce contenu a été publié le 12 février 2007 - 10:46

Le 11 mars prochain, les électeurs suisses décideront si les 87 caisses maladie actuelles doivent se fondre en une caisse-maladie unique pour l'assurance de base.

Les partisans de l'initiative argumentent qu'en Suisse, 87 caisses-maladie différentes proposent la même assurance et qu'elles dépensent de ce fait des millions en publicité dans ce que l'on appelle la « chasse aux bons risques» (hommes jeunes) et, en général, en frais de gestion.

Une caisse unique pour l'assurance de base serait nettement moins onéreuse et les primes, qui n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, pourraient enfin baisser. Contrairement au système actuel où riches et pauvres paient la même prime, la caisse unique prévoit des primes échelonnées en fonction des revenus.

Peu de chances de passer la rampe

«L'initiative va avoir du mal à passer», prédit le politologue Marc Bühlmann de l'Université de Zurich.

Les trois partis bourgeois gouvernementaux ayant préconisé le «non», la base de soutien dont bénéficie cette initiative est plutôt étroite. «Et puis il ne faut pas oublier que seule une initiative populaire sur 12 est acceptée», rappelle Marc Bühlmann.

Marc Bühlmann relève le manque de conviction des initiants durant la campagne précédant la votation. «C'est le seul objet qui est prévu pour la votation du 11 mars prochain; les partisans de l'initiative sont peu présents et il n'y a pas de cohésion entre eux.»

La caisse unique divise même la gauche. Le syndicat Syna par exemple approuve le principe de la caisse unique pour l'assurance de base, comme le souligne sa porte-parole Prisca Widmer.

«Mais ce qui nous dérange, ce sont les vagues estimations du montant des primes. Nous craignons que la classe moyenne ne doivent encore davantage passer à la caisse puisqu'il appartiendra aux cantons de fixer les primes.»

Pour le syndicat Syna, la perte des emplois est plutôt secondaire. «Nous pensons que l'administration de la caisse sera transférée dans les grands centres et que des emplois risquent d'être perdus dans les régions périphériques», prédit Prisca Widmer.

Opposition Suisse alémanique - Romandie

Même les organisations de défense des consommateurs sont divisées. Pas seulement par rapport à la question du oui ou du non, mais aussi entre la Suisse alémanique et la Suisse romande.

La Fédération romande des consommateurs (FRC) se prononce clairement en faveur d'une acceptation de l'initiative.

Sur le site Internet de la FRC, Monika Dusong parle du mythe de la concurrence des caisses entre elles. Depuis 1996, les coûts de la santé ont augmenté de 46%, les primes de caisses-maladie de près de 70%, écrit Monika Dusong.

La Fondation pour la protection des consommateurs (SKS) défend les intérêts des consommateurs du côté alémanique.

Mais, à l'opposé de la Romandie, la SKS n'a adopté aucun mot d'ordre. Dans les colonnes du «Tages-Anzeiger», la directrice de la Fondation, Jacqueline Bachmann, a déclaré que la SKS estimait aussi que l'actuel système des caisses-maladie était insatisfaisant. «Mais la caisse unique n'est pas non plus la solution.»

Etant donné que de nombreux ténors du Parti socialiste (PS) - parti qui apporte son soutien à l'initiative - siègent au sein de la fondation, «nous avons renoncé à donner un mot d'ordre mais nous disons ce que nous en pensons», résume Jacqueline Bachmann.

Ascenseur pour les primes?

Beaucoup déplorent que les initiants ne soient pas en mesure de dire quelle prime chacune et chacun devra s'acquitter avec la caisse unique.

Le site Internet comparatif Comparis a mis en ligne une estimation comparative des primes. Le calcul se base sur un modèle de santésuisse, l'instance des assureurs maladie, qui combat l'initiative. Selon ces calculs, tous ceux qui ont un revenu imposable de plus de 30'000 francs, paieraient beaucoup plus qu'aujourd'hui.

Dans l'émission d'information «10 vor 10», de la télévision suisse alémanique, le président du parti socialiste Hans-Jürg Fehr, s'exprimant sur les incertitudes du montant des primes, a rappelé que le PS avait lancé il y a des années une initiative qui prévoyait très exactement comment il fallait faire.

«L'initiative a lamentablement échoué. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de définir les principes du système et le législateur n'a plus qu'à modifier la législation.»

swissinfo, Urs Maurer
(Traduction de l'allemand : Bertrand Baumann)

CAISSE MALADIE UNIQUE

L'initiative populaire «Pour une caisse-maladie sociale unique», sur laquelle le souverain se prononcera le 11 mars prochain, demande l'instauration d'une caisse unique pour l'assurance de base au lieu des 87 caisses-maladie existant aujourd'hui.

Les primes doivent être fixées selon les revenus des assurés.

Le «Mouvement populaire des familles» présent en Suisse romande est l'une des organisations à l'origine de l'initiative.

Presque partout en Europe, les primes de caisses-maladie sont calculées en fonction des revenus et de la fortune. La Suisse fait exception dans la mesure où la prime est fixée indépendamment de ces facteurs.

Les assurés avec un revenu modeste ont droit à une réduction des primes (30% de la population).

La loi sur l'assurance-maladie (LAMal) prévoit une assurance maladie obligatoire pour chaque personne résidant dans notre pays.

Pour les assurances complémentaires, l'assuré est libre de conclure une assurance avec l'une des 87 caisses-maladie du pays.

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