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Le président chinois Xi Jinping au côté du président russe Vladimir Poutine à l'ouverture du sommet sur les Nouvelles routes de la soie.

KEYSTONE/AP POOL SPUTNIK KREMLIN/ALEXEI NIKOLSKY

(sda-ats)

La Chine a lancé en grande pompe dimanche son premier sommet international sur les Nouvelles routes de la soie. L'initiative vise à ressusciter l'antique route commerciale qui assurait les échanges entre l'Europe et l'Extrême-Orient.

Une trentaine de dirigeants étrangers participent au sommet de Pékin, qui s'achève lundi. La Suisse est représentée par la présidente de la Confédération Doris Leuthard. Le président chinois Xi Jinping a lancé l'initiative des nouvelles routes de la soie en 2013 peu après son arrivée au pouvoir, relayé par l'énorme appareil de propagande du régime chinois.

La version 2017 des Routes de la soie, une "ceinture" terrestre qui se double d'une "route" maritime, consiste en une série d'investissements dans des projets ferroviaires, autoroutiers, portuaires ou énergétiques, avec à la clé la création de parcs industriels ou de zones franches en Asie, en Europe centrale, au Moyen-Orient et jusqu'en Afrique.

Xi Jinping a promis dimanche une enveloppe de 124 milliards de dollars pour son ambitieux projet de nouvelle route de la soie. "Nous devons construire une plate-forme ouverte de coopération et défendre et faire grandir une économie mondiale ouverte", a dit Xi Jinping lors de l'ouverture du sommet.

Financements supplémentaires

Le président chinois a annoncé l'octroi de financements supplémentaires au projet, notamment par le biais d'un versement de 100 milliards de yuans (14,5 milliards de francs) au fonds consacré à cette nouvelle route de la soie, mais aussi des prêts des banques publiques chinoises.

Xi Jinping a annoncé en outre une enveloppe de 60 milliards de yuans d'aide au développement et aux organisations internationales dans les nouveaux pays participant au projet, sans fournir de calendrier précis.

L'initiative, qui regroupe 65 pays, a le soutien apparemment illimité de Pékin: la Banque de développement de Chine à elle seule a prévu de débloquer plus de 890 milliards de dollars d'investissements sur 900 projets.

Sommet de la géopolitique mondiale

Le géant asiatique cherche ainsi à sécuriser son approvisionnement en matières premières ainsi que l'acheminement de ses produits vers ses principaux marchés, particulièrement l'Europe. Au passage, la Chine tente de cimenter sa stature au sommet de la géopolitique mondiale, face aux velléités isolationnistes d'un Donald Trump.

"L'isolement conduit à l'arriération. L'ouverture est comme le combat d'une chrysalide qui sort de son cocon. Cela s'accompagne de souffrance, mais cette souffrance crée une vie nouvelle", a lancé Xi Jinping dans son discours d'ouverture.

"Les idées de l'ouverture et de la liberté du commerce sont de plus en plus rejetées, très souvent par ceux qui étaient leurs partisans il n'y a pas bien longtemps", a observé Vladimir Poutine.

Crainte d'une voie à sens unique

Certains observateurs soupçonnent la Chine, deuxième économie du monde, de vouloir renforcer son influence sur le commerce international par des investissements qui lieront à elle les pays concernés, particulièrement en Asie centrale.

"Il faut espérer que (les Nouvelles routes de la soie) ne sont pas à sens unique mais une voie à double sens", a estimé la semaine dernière le président de la Chambre de commerce européenne en Chine, Joerg Wuttke.

Une inquiétude que ne partage pas l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui représente la présidence française au sommet de Pékin. "Nous assistons à l'émergence de l'Eurasie connectée à l'Eurafrique", a-t-il lancé aux délégués.

ATS