La colère gronde du côté tessinois du Gothard

Les premières voitures sont entrées dans le tunnel ce vendredi. Keystone

Huit semaines après sa fermeture forcée, le tunnel rouvre. Vendredi, aux voitures. Et samedi, aux camions. Au grand dam des Tessinois.

Ce contenu a été publié le 21 décembre 2001 - 18:40

Les techniciens et les ingénieurs cantonaux sont fiers du coup de force qu'ils ont réalisé pour remettre le tunnel en état en un laps de temps aussi court. En fait, au lendemain de l'accident et de l'incendie du 24 octobre, on parlait d'une fermeture de six mois. Au minimum.

Pour pouvoir réaliser un tel exploit, les Tessinois - qui avaient misé uniquement sur une réouverture aux voitures - ont tout mis en oeuvre: 73 hommes ont travaillé sans relâche, 24 heures sur 24, sept jours sur sept pour réparer les 300 mètres de tronçon totalement ravagés par le feu.

Le montant exact de l'ardoise est exorbitant. Révélé vendredi à Bellinzone, il s'élève à 14, 5 millions de francs.

Berne n'a pas écouté le Tessin

Mais cette réouverture n'enchante paradoxalement pas le canton. Emmené par son directeur du territoire Marco Borradori, le gouvernement tessinois avait, en effet, demandé une remise en fonction par étapes.

Pour les poids lourds, la réouverture n'aurait pas dû avoir lieu avant que toutes les mesures de sécurité soient en place, soit pas avant le printemps. Mais Berne n'a pas tenu compte de l'opinion du Tessin. Et la Confédération a fixé la reprise du transit pour les camions au samedi 22 décembre.

La reprise du trafic poids lourds fait donc grincer les dents. Et du côté des associations écologistes et des syndicats également. Vendredi après-midi, des membres du Comité «Non à l'initiative Avanti» - qui regroupe environ 24 d'associations - se sont déplacés aux pieds du Gothard. Ils y ont lancé une pétition qui demande l'interdiction de transit des poids lourds sous les tunnels alpins.

Une reprise prématurée et risquée

En Léventine, les communes estiment, elles aussi, que le passage des camions est «prématuré» et «risqué». «L'accident du Gothard, n'aura, en fin de compte, pas servi de leçon, lancent en cœur les maires d'Airolo et de Quinto. Une fois de plus, le Tessin n'a pas su se faire entendre à Berne».

D'ailleurs, pour protester contre ce qu'elles qualifient de «manque de considération», les autorités léventinoises ont appelé la population à se rassembler samedi sur le tarmac de l'aérodrome d'Ambri. La Lega des Tessinois, elle, veut utiliser les grands moyens et menace de bloquer l'autoroute A2.

Gemma d'Urso, Airolo

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