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La concurrence favorise les accidents du travail

200000 accidents professionnels ont été enregistrés en Suisse en 1999

(Keystone)

Les accidents du travail entraînent la mort de 3300 personnes par jour dans le monde. Un tribut essentiellement payé par les travailleurs du Sud. A preuve, en Suisse, la tendance est à la baisse depuis dix ans.

La concurrence accrue entre les économies diverses de la planète est l'une des causes principales de l'augmentation, ces dernières années, du nombre d'accident du travail. Un nombre qui a atteint le chiffre de 250 millions par année, selon l'Organisation internationale du travail (OIT).

L'organisation onusienne précise que c'est le secteur de l'agriculture - et non pas celui du bâtiment - qui est aujourd'hui le plus dangereux. Chaque année, 170 000 ouvriers agricoles meurent des suites d'un accident. Et des millions d'autres sont gravement blessés ou intoxiqués par des pesticides ou d'autres produits chimiques.

Et Manuel Simon Velasco, directeur du Bureau pour les travailleurs de l'OIT, d'ajouter que les pays les plus touchés sont ceux où les syndicats sont les plus faibles. Si le nombre d'emplois a pu augmenter dans certaines régions du monde, les conditions de travail, elles, ont eu tendance à se dégrader.

La Suisse et l'Europe sont largement épargnée par ce phénomène. Grâce à une meilleure protection accordée aux travailleurs. Mais, également, grâce à la mutation de l'économie des pays industrialisés.

L'importance croissante prise par l'industrie des services et la disparition de secteurs comme l'industrie des mines ont conduit à une baisse des accidents ces dix dernières années.

Selon la Suva - le plus important organisme d'assurance-accidents obligatoire en Suisse - la Suisse a tout de même enregistré près de 200 000 accidents professionnels en 1999, alors que l'année précédente leur nombre était de 260 000.

En 1998 toujours, la Suva a enregistré 225 décès liés à une activité professionnelle, dont 57 uniquement dans l'industrie des matières plastiques et du caoutchouc.

La mutation du tissu économique n'est pas la seule explication à la diminution du nombre d'accident du travail en Suisse. Pour Bruno Lanfranconi, chef de la section des statistiques à la Suva, le vieillissement de la population joue aussi son rôle. Un employé âgé, donc expérimenté, risque nettement moins de subir un accident qu'un jeune qui démarre dans la vie professionnelle.

Reste que ce manque d'expérience et de formation professionnelle fait sa réapparition avec le développement du travail précaire. D'ailleurs, ce phénomène émergent a déjà provoqué une nouvelle augmentation des accidents du travail dans la plupart des pays européens.
Pour l'heure, la Suisse semble encore épargnée. Mais Alain Kiener, chef du secteur santé et travail au Seco, estime que le développement du travail précaire finira tôt ou tard par provoquer des accidents, en Suisse aussi.

Frédéric Burnand


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