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La coopération plutôt que la retraite

Elsbeth Fopp-Bögli en compagnie d’employées népalaises.

(E. Fopp)

Depuis 25 ans, une fondation suisse envoie des retraités à l’étranger pour mettre sur pied des projets de développement et aider des entreprises.

Plutôt que de se contenter de toucher leur rente, ces aînés utilisent ainsi leurs connaissances pour une bonne cause.

La plupart des fondations sont surtout connues pour leur travail de bienfaisance et leurs collectes. Mais Swisscontact, la Fondation suisse pour la coopération technique, a choisi une autre voie.

Depuis 1959, elle œuvre dans des domaines tels que l’octroi de crédits, les services financiers, le management ou encore le conseil aux petites et moyennes entreprises (PME).

Swisscontact est active en Europe de l’Est et dans le tiers monde. Son action est placée sous le signe du développement durable.

«Il y a 25 ans, nous avons décidé d’avoir recours à des experts retraités qui fournissent bénévolement leurs conseils à des PME», explique Ueli Stilli, porte-parole de Swisscontact.

Financement varié

Chaque année, Swisscontact reçoit environ 3 millions de francs de donateurs. Un quart de cette somme provient des cantons et des communes, le reste d’entreprises, de privés et d’autres fondations.

L’ensemble des revenus de la fondation est cependant dix fois plus élevé. Swisscontact obtient annuellement environ 25 millions de la seule Confédération pour les divers mandats qu’elle assume.

«Nous gérons actuellement quelque 90 projets», souligne Ueli Stilli. L’un d’eux est les ‘Swiss Expert Corps’ (SEC), qui assument surtout un rôle de consulting à l’étranger.

Le SEC, qui fêtera son 25e anniversaire en 2004, a doublé son effectif ces dernières années et compte désormais 470 spécialistes. Ceux-ci sont en moyenne âgés de 65 ans. La plupart sont des hommes, avec seulement 9% de femmes.

En 2002, le SEC n’a coûté que 600'000 francs. Si peu, quand on sait qu’il s’est engagé dans presque 150 projets à travers le monde, le plus souvent en faveur des PME.

Au pays de Dracula

C’est justement pour le compte du SEC que Christian Boesch (67 ans) s’est rendu en Transylvanie, une province roumaine plus connue pour le château de Dracula que pour ses entreprises et son marché économique.

Ancien diplomate, ancien directeur de la Chambre zurichoise de commerce et ancien membre du législatif cantonal, Christian Boesch a pu conseiller les PME d’une Transylvanie en pleine mutation.

Après l’ère Ceausescu, la région a en effet vu naître de nouvelles industries - textile, papier, imprimerie - ainsi que des boulangeries industrielles. Toutes luttent pour trouver des crédits.

Les Roumains installés à l’étranger sont certes prêts à investir. Mais les nouvelles entreprises doivent d’abord donner des assurances sur la qualité de leurs produits avant de recevoir de l’argent.

«Les Roumains ont pleinement intégré les principes de l’économie de marché», relève Christian Boesch. Mais le retraité explique qu’il a d’abord fallu les convaincre qu’ils pouvaient y parvenir et que leur pays était en mesure de concurrencer l’Occident.

C’est désormais chose faite. La ville d’Odorheiu dispose d’une chambre de commerce forte de 130 membres, et qui occupe quatre personnes. Cette structure est même devenue une force politique dans cette ville de Transylvanie.

Christian Boesch a maintenant achevé sa mission. La prochaine le conduira au Vietnam, où il participera à l’organisation d’une autre chambre du commerce.

Pas de femmes dans les hôtels népalais

Grâce à son expérience professionnelle et à sa connaissance de l’étranger, Elsbeth Fopp-Bögli a, pour sa part, beaucoup à offrir dans le domaine de l’hôtellerie. Sa première mission a duré dix semaines. C’était au Népal en 1997.

A Katmandou, il existe des hôtels internationaux qui répondent aux critères occidentaux. «Mais mon rôle consistait à introduire ces mêmes standards également dans les hôtels locaux», se rappelle cette Davosienne, aujourd’hui âgée de 73 ans.

«Il n’y avait pas de femmes de ménage dans les hôtels, seulement des hommes, dit-elle encore. Au Népal, les femmes n’étaient pas autorisées à faire ce genre de travaux.»

Elsbeth Foop-Bögli a donc dû lutter pour convaincre les hommes de nettoyer les toilettes et les salles de bain selon les standards occidentaux. «La plupart d’entre eux ne savaient même pas ce que c’était; ils n’en avaient pas chez eux», se souvient-elle.

L’avantage des cheveux blancs

Elsbeth Fopp-Bögli a aussi dû régler les problèmes relationnels entre les directeurs d’hôtel et leur personnel féminin. Egalement propriétaires des établissements, ils sont des managers mal formés.

Souvent Indiens, ils n’ont par ailleurs pas une très haute estime pour les employés népalais.

«Nous avons dû faire en sorte que la communication passe du haut en bas de l’échelle hiérarchique, explique-t-elle. Que des séances de cadres aient lieu tous les jours et que des protocoles soient introduits.»

Pour défendre les intérêts des employées népalaises, son statut de femme étrangère et âgée a été un atout pour Elsbeth Fopp-Bögli. «Au Népal, une personne avec des cheveux blancs a de l’autorité», explique-t-elle.

Elsbeth Fopp-Bögli est retournée au Népal deux ans après la fin de sa mission. Elle a eu le plaisir de voir que les standards qu’elle avait introduits avaient été conservés.

«Cela montre juste que, lorsque vous êtes compétent, vous être accepté partout, même si vous ne parlez pas la langue du pays», conclut-elle.

swissinfo, Alexander Künzle
(raduction: Olivier Pauchard)

Faits

Swisscontact a créé le Swiss Expert Corps il y a 25 ans.
Le corps compte 470 spécialistes âgés de 65 ans en moyenne.
Ils s’occupent surtout de consulting auprès de PME d’Europe de l’Est et du Tiers monde.
Le Swiss Expert Corps a effectué 150 projets en 2002.

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