La criminalité économique n'épargne pas la Suisse

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Plus de quatre grandes entreprises européennes sur dix ont été la cible d'un délit économique au cours des deux dernières années. Les firmes suisses sont, elles aussi, touchées. Selon l'enquête menée par PriceWaterhouseCoopers, le préjudice se chiffre en milliards de francs.

Ce contenu a été publié le 03 juillet 2001 - 17:07

La Suisse semble moins affectée par ce fléau que la moyenne européenne. Environ 28% des grandes entreprises helvétiques ont annoncé avoir subi un délit, contre exactement 42,5% à l'échelle européenne.

Cela signifie soit que les multinationales suisses sont mieux protégées face aux escroqueries que leurs concurrentes européennes, soit que de nombreuses affaires ne sont pas découvertes ou alors pas divulguées.

L'étude, réalisée entre septembre et décembre, repose sur des questionnaires auxquels ont répondu 3403 entreprises, administrations et organisations non gouvernementales de quinze pays d'Europe, dont la Suisse.

Généralement, les chiffres varient assez peu d'un pays à l'autre, relève encore l'étude. En revanche, des différences sensibles apparaissent selon l'importance de l'entreprise.

Ainsi, en moyenne européenne, seules 24,1% des firmes de petite taille (moins de 5000 employés) ont été victimes d'un délit. Elles sont moins touchées que les grandes par le fait que les contrôles y sont plus faciles, les transactions moins complexes et l'identification des collaborateurs plus forte.

Mais la Suisse fait, là aussi, exception: les petites et les grandes sociétés ou les organisations y sont frappées à parts égales.

Sur la palette des nombreux délits économiques, on trouve l'escroquerie, l'abus de confiance, le détournement de fonds, la corruption, l'extorsion de fonds, le blanchiment ou encore des opérations relevant de la «cybercriminalité».

Près des deux tiers des délits (63%) concernent des détournements de fonds commis par les employés. Suivent les cas d'abus de confiance impliquant un membre du management (24%), la «cybercriminalité» (13%) et enfin la corruption (11%).

Pour la Suisse, le tableau est comparable. A l'exception de la corruption, dont aucun cas n'a été annoncé.

En Europe, c'est le secteur financier qui est le plus touché. Alors qu'en Suisse c'est l'insdustrie.

En tout, 536 entreprises ont été en mesure de quantifier le préjudice subi. Il s'élève au total à 3,6 milliards d'euros (5,5 milliards de francs), soit, en moyenne, quelque 10 millions de francs par cas.

A cela s'ajoutent les pertes en termes d'image. Des pertes qui affectent, bien sûr, la renommée des entreprises.

PWC estime que les entreprises seraient bien avisées d'investir davantage dans la prévention et dans leur protection. Quelque 58% des cas sont découverts «par hasard». Et plus de la moitié (54%) des sociétés interrogées ne disposent pas d'une assurance pour couvrir ce type de criminalité.

«Le développement de l'informatique est une source de danger supplémentaire», relève Pierre Brun, spécialiste de la gestion des risques auprès de PWC. Il existe, à ce jour, pas moins de 54 000 virus identifiés, et les «hackers» et autres «crackers», sont trop rarement inquiétés.

Et d'ajouter: «il faut mettre sous pression les fabricants de logiciels pour qu'ils développent des systèmes plus sûrs». A eux seuls, les dommages causés par le récent virus «I love you» sont évalués à 2,6 milliards de dollars (4,7 milliards de francs) par Swiss Re.

swissinfo avec les agences

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