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L'absinthe n'a toujours pas son IGP. Un recours a été déposé (archives).

KEYSTONE/SANDRO CAMPARDO

(sda-ats)

Les ventes de produits AOP-IGP ont connu un recul de 5% en Suisse et à l'étranger en 2016. Le suspense continue pour deux produits qui pourraient entrer dans le club, l'absinthe du Val-de-Travers (NE) et la cuchaule fribourgeoise. Des recours ont été déposés.

Lors de l'assemblée générale de l'Association suisse des AOP-IGP mardi à Berne, la présidente et conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) a relevé la situation difficile qui règne sur les marchés, franc fort oblige. Elle a plaidé pour un soutien accru à une production agricole autonome et durable, notamment pour les céréales fourragères et pour le bétail régulièrement mené en pâture.

Après deux années de recul, la notoriété des logos AOP-IGP est relancée, a aussi constaté Mme Savary, citée dans un communiqué. La croissance se poursuit, notamment en Suisse romande, même si le niveau reste encore modeste en raison du relatif faible volume de production et donc de la visibilité de ces spécialités.

Actuellement, 21 appellations d'origine protégées (AOP) et 12 indications géographiques protégées (IOP) sont enregistrées en Suisse. Parmi les AOP, on peut citer l'abricotine, le cardon épineux genevois, le Gruyère, le pain de seigle et la raclette valaisans ou encore le vacherin fribourgeois. Chez les IGP, on trouve entre autres la saucisse d'Ajoie, la viande des Grisons ou le saucisson vaudois.

Absinthe et cuchaule en suspens

Le suspense continue pour deux produits qui devaient faire leur entrée prochainement dans le club. La cuchaule fribourgeoise devrait bénéficier de l'AOP et l'absinthe du Val-de-Travers de l'IGP. Le délai de recours a échu il y a une semaine, mais il y a une opposition pour chacun des produits, a précisé à l'ats le directeur de l'association, Alain Farine. Le dossier repart à l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) pour analyses.

L'OFAG avait déjà confirmé en 2012 l'IGP des dénominations "Absinthe", "Fée verte" et "La Bleue". Il avait écarté des dizaines d'oppositions à cet enregistrement, car il estimait que le breuvage était traditionnellement associé au Val-de-Travers et que cette région en avait fait la réputation.

Mais en 2014, le Tribunal administratif fédéral l'a désavoué. Les juges de St-Gall ont admis des recours émanant de Suisse, de France et d'Allemagne. Selon eux, ces dénominations se rapportent à un type de produit, quelle que soit sa provenance, et il n'est pas possible de les réserver à une seule région.

1,3 milliard

Dans le détail, 64'387 tonnes de produits AOP-IGP ont été mis sur le marché en 2016. Le chiffre d'affaires à la production se monte à 630 millions de francs, et à 1,3 milliard au niveau de la vente et distribution.

Quelque 10'000 exploitations agricoles produisent de la matière première pour 1500 entreprises participant à la fabrication des AOP et IGP, représentant environ 15'000 places de travail.

Dans le cas des AOP, toutes les étapes de production ont lieu dans la région définie. Dans le cas des IGP, une étape au moins du processus de production doit être menée dans la zone d'origine.

ATS

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