Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

La Déclaration de Berne plaide pour des barrages à dimension humaine

La construction du barrage des Trois Gorges, en Chine, a déplacé des centaines de milliers de personnes.

(Keystone Archive)

La Déclaration de Berne demande un moratoire sur la planification et le financement de grands barrages. Une exigence qui va dans le sens du rapport de la Commission mondiale sur les barrages (CMB), présenté vendredi à Zurich, par l´organisation suisse.

Cette demande de moratoire s'adresse à la Banque mondiale (BM) et aux agences de garanties contre les risques à l'exportation (GRE). Notamment l'instance suisse.

Le message de la Déclaration de Berne (DB) est clair: «un moratoire sur le financement des barrages doit être institué, en attendant que les recommandations de la Commission mondiale sur les barrages soient appliquées», explique Peter Bosshard, secrétaire de la Déclaration de Berne.

Dans les grandes lignes, les recommandations de ce rapport s'articulent autour de quatre objectifs. D'abord, toutes les alternatives doivent être étudiées avant la réalisation d'un grand projet hydroélectrique. Ensuite, les droits des populations doivent être pris en compte, ce qui n'est souvent pas le cas.

En outre, les conséquences écologiques de ces grandes réalisations doivent être mieux considérées. Et enfin, les personnes affectées doivent avoir leur mot à dire, par la création d'un «accord public».

«Je suis très heureux, explique Peter Bosshard, qu'un organisme indépendant comme la CMB, confirme par son étude, les critiques et les revendications des organisations actives en matière d'écologie et de développement». Elles sont plus de cent à s'être mobilisées.

Les critiques, il est vrai, sont souvent justifiées. L'exemple chinois en est l'illustration, avec la construction du barrage des Trois Gorges qui a déplacé des centaines de milliers de personnes. Il y a également la Turquie, où le barrage d'Ilisu aurait pour conséquence la «déportation» de 40 000 kurdes.

«Nous ne prenons pas en considération la demande de moratoire», réagit le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) dont dépend la GRE. Ce dernier a été très attaqué pour avoir accordé des garanties aux industriels ABB et Sulzer Hydro, engagés dans la construction des Trois Gorges et d'Ilisu.

Par ailleurs, le SECO ne veut pas pour l'instant s'exprimer sur le fond du rapport. Il souhaite d'abord «prendre le temps de l'étudier, avant de prendre une position».

Reste à savoir si les critiques et les recommandations auront à l'avenir un impact positif. «Nous souhaitons qu'une dynamique se mette en place, confie Peter Bosshard, afin que les futurs projets se réalisent dans des conditions supportables pour tous».

Jean-Louis Thomas

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×