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La droite conservatrice dicte son agenda politique



Christoph Mörgeli, le stratège qui est derrière le programme électoral de l'UDC.

Christoph Mörgeli, le stratège qui est derrière le programme électoral de l'UDC.

(Reuters)

Confortée par le succès de son initiative en faveur de l’expulsion des étrangers criminels, la droite conservatrice a son potentiel de campagne électorale, un peu moins d’une année avant les élections fédérales. Analyse du politologue Georg Lutz.

Une chose est claire pour Georg Lutz, professeur à l’Université de Lausanne. L’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) est clairement en avance sur les autres partis. Et le fait que le parti, qui tenait une assemblée des délégués début décembre, ait été refusé dans les murs de l’Université de la ville, lui a fourni une belle occasion de faire, encore, parler de lui.

Habilement, selon le politologue, l’UDC a décidé de se réunir sur un champ, à ciel ouvert, près de Gland, en Suisse romande, dans des conditions météo peu tempérées.

Fêtant encore une victoire toute fraîche, celle de son initiative, acceptée par la population le 28 novembre, pour expulser les réfugiés criminels, l’UDC a continué à proposer à ses membres des idées pour «gérer» la question des étrangers en Suisse.

L’une de ces idées consisterait à demander aux étrangers désirant s’installer en Suisse de laisser en dépôt plusieurs milliers de francs lorsqu’ils arrivent. Une autre vise à faire sortir la Confédération de l’Espace Schengen, qui a aboli les contrôles aux frontières internes.

«Prélude à la campagne»

«Toute la Suisse a vu à la télévision que la plus grand parti du pays n’était pas autorisé, par le gouvernement d’un canton, à siéger dans ce canton», explique le député zurichois de l’UDC Ulrich Schlüer. Selon Georg Lutz, cette attitude sert surtout à lancer la campagne pour les élections fédérales de 2011.

La question de la conformité de l’initiative sur le renvoi des étrangers avec les engagements juridiques internationaux de la Suisse continue à faire couler beaucoup d’encre. Ulrich Schlüer défend évidemment sa compatibilité. «Il n’existe aucun droit de l’homme qui garantisse à un criminel de choisir le pays où il souhaite résider.»

Blocher en première ligne

L’UDC va encore plus loin: elle demande à ce que l’ancien ministre de la justice Christoph Blocher, son mentor évincé du gouvernement en 2007, soit intégré à un groupe de travail gouvernemental dont la mission serait de mettre en œuvre l’initiative sur le renvoi.

«Nous voulons montrer que la Suisse est un pays sûr et qu’elle ne tolère pas la criminalité», ajoute Ulrich Schlüer.

Georg Lutz rappelle la manière de procéder de l’UDC pour occuper le terrain: «Le parti envoie une brochure à tous les citoyens suisses – par exemple pour énoncer les bienfaits de son initiative sur le renvoi… Puis il adopte un nouveau programme électoral. Et que disent les médias? Ils parlent tous de l’UDC, qui place ses pions.»

«Programme populiste»

«L’UDC a un programme très populiste, ajoute le professeur. Ses thèmes de prédilection sont les mêmes dans tous les partis de droite en Europe, ce qui l’aide. Mais l’UDC est tout simplement très bonne lorsqu’elle se met en campagne.» Or la dernière campagne a été basée sur la provocation.

«Je pense que ces propositions pourraient avoir l’effet inverse, si elles deviennent trop extrêmes. Les citoyens s’en détourneront. Mais beaucoup d’observateurs attendent ce revirement depuis longtemps et il n’est pas encore arrivé… Il est donc possible que cela continue.»

Si le parti remporte les 30% visés, la situation deviendra-t-elle délicate en Suisse? «Evidemment pas pour l’UDC, répond Georg Lutz, puisqu’elle affirme que cela sauvera le pays. La gauche en revanche met en garde contre un isolement toujours plus grand qui ne résout pas les problèmes.»

L’UDC nie aussi mener une politique anti-étrangers (les étrangers comptent pour un cinquième de la population suisse).  «Nous acceptons tous les étrangers qui peuvent s’occuper d’eux-mêmes, viennent dans notre pays pour travailler, acceptent nos lois et ont un comportement correct», affirme Ulrich Schlüer.

Union démocratique du centre

L’UDC est née en 1971 de la fusion du Parti des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI) et des Partis démocratiques des cantons de Glaris et des Grisons.

Avec 29 % des voix, c’est le plus grand parti de Suisse. Les résultats obtenus par l’UDC en 2007 ont été les meilleurs jamais atteints par un parti, qui compte 66 sièges au Parlement.

Avec l’élection d’Ueli Maurer au Conseil fédéral le 10 décembre 2008, l’UDC a réintégré le gouvernement. Eu égard à son poids électoral, elle demeure cependant sous-représentée au gouvernement.

Le parti s’engage en particulier pour une Suisse indépendante et neutre, pour un Etat plus efficace, pour moins d’impôts, pour une place économique plus forte et des emplois stables, ainsi que pour la lutte contre la criminalité et les abus en matière d’asile et de prestations sociales.

Source: La Confédération en bref 2010

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Programme

Les délégués ont adopté début décembre le

nouveau programme

du parti, valable pour les années 2011 – 2015 et intitulé «L’UDC, le parti de la Suisse.»

Le parti entend dépasser la barre des 30% d’électeurs.

Le programme comprend les

thèmes classiques

de l’UDC, soit le «non» à l’Union européenne, des peines plus sévères pour les criminels, la prévention de l’immigration de masse et une armée forte.

Les délégués de l’UDC demandent en outre que la Suisse quitte l’espace Schengen, que le tunnel ferroviaire du Lötschberg soit développé et un durcissement des lois contre les personnes qui n’ont pas de papiers d’identité valables.

Toni Brunner, le président de l’UDC, a affirmé que ce programme avait été adopté, le 3 décembre, par

453 voix contre 0.

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(Traduction et adaptation de l’anglais: Ariane Gigon), swissinfo.ch


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