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La France s'est décidée pour le changement

(swissinfo.ch)

Pour la presse suisse, il est clair que le nouveau président Nicolas Sarkozy va contribuer à un renouveau en France. Ce ne sera toutefois pas une tâche facile.

Les Français se sont en effet prononcés pour des réformes. Reste à savoir quelle sera l'ampleur des protestations, voire des conflits, lorsque celles-ci seront mises en œuvre.

Par sa netteté, la victoire de Nicolas Sarkozy est avant tout, pour les éditorialistes helvétiques, celle de la «rupture», mais une rupture positive qui porte en elle les espoirs d'un «renouveau», ou tout au moins d'une «transition».

La plupart des commentateurs soulignent en effet que le nouveau président n'aura pas la tâche facile pour mettre en pratique les réformes promises, mais le désir de changement qu'il incarne - et que les Français ont porté au pouvoir en soutenant sa candidature par près de 53% des voix -, pourrait lui permettre de donner une orientation nouvelle à la France.

Un défi pour les Français

Bref, il lui faudra «rompre sans casser», comme le lui conseille la 'Tribune de Genève', pour laquelle il revient à Nicolas Sarkozy «la mission cruciale, et ô combien délicate et risquée, de moderniser la France.»

'Le Temps', qui montre en une la photographie de l'ex-ministre de l'Intérieur les mains ouvertes et les yeux levés au ciel, crée quant à lui un néologisme pour l'occasion, titrant en grosses lettres noires «La Sarkofrance». Et de constater que «cette victoire est le prolongement logique d'une campagne marquée par l'expression d'une France en crise, (...)».

Louant, à l'instar de nombreux autres journaux, son intelligence tactique, son habileté rhétorique et sa carrière, le quotidien édité à Genève note toutefois que Nicolas Sarkozy devra résister à la «tentation autoritaire» et à la «tentation de caste» pour que les Français marchent dans le sens des réformes qu'il promet.

Nombreux sont ainsi les éditorialistes suisses à relever que si son élection est une «chance pour la France», comme l'indique le 'Bund', elle risque aussi de devenir un défi pour les Français.

«Briser le moule jacobin»

«Sera-t-il le président d'une véritable réforme libérale comme l'avait été Margaret Thatcher?», s'interroge par conséquent le quotidien bernois, alors que la 'Berner Zeitung' et la 'Tribune de Genève' rappellent au passage que «les Français (...) sont prompts à descendre dans la rue».

Pays «grotesque de bureaucratie», comme la décrit encore le 'Bund', la France pourrait ainsi subir un «réveil brutal», estime la 'Neue Luzerner Zeitung'. Car «remettre la France au travail», comme le promettait l'un des slogans du candidat Sarkozy, n'ira pas sans susciter des résistances, selon les éditorialistes.

Qualifiant cette élection de «choix de société», le journal tessinois 'La Regione' et le quotidien valaisan 'Le Nouvelliste' relèvent tous deux qu'elle tourne la page du gaullisme classique.

«Le temps des monarques, même républicains, n'est plus de mise», écrit à cet égard 'Le Nouvelliste', tout en soulignant la nécessité pour le pouvoir français de «redescendre au niveau des régions et de briser «une fois pour toute le moule jacobin qui l'étouffe.»

Chances de réussite mitigées

Quant aux chances de réussite du nouveau chef d'Etat après une campagne très polarisée, elles divisent les commentateurs suisses.

Car même si les effets de l'«anti-sarkozysme» ne lui ont pas profité suffisamment, son ex-rivale Ségolène Royal s'est d'emblée posée en leader de l'opposition. «Pour beaucoup, en particulier dans les banlieues, Nicolas Sarkozy fait figure de spectre effrayant», note en outre le quotidien zurichois 'Neue Zürcher Zeitung'.

'La Liberté' considère pour sa part que le pari de Nicolas Sarkozy est tenable. S'il parvient à être le président «de tous les Français», comme il l'a clairement souligné dans son discours d'investiture, il trouvera une majorité que le quotidien fribourgeois voit déjà s'amplifier lors des législatives agendées en juin.

Un avis que ne partagent pas les deux quotidiens neuchâtelois 'L'Impartial' et L'Express'. Ils s'attendent au mieux à «quelques mesures spectaculaires qui ne changeront pas profondément la vie des Français» et prédisent que la «rupture tant annoncée» ne survivra pas à «la réalité du pouvoir».

swissinfo, Carole Wälti

En bref

Nicolas Sarkozy, leader du parti gouvernemental UMP (Union pour un mouvement populaire), a été élu nouveau président de la France dimanche avec 53% des voix.

Il a devancé sa rivale socialiste Ségolène Royal, qui a quant à elle obtenu 47% des voix.

La participation à ce scrutin (environ 85%) compte parmi les plus élevées de ces quarante dernières années.

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