La globalisation sort l'extrême gauche de l'oubli

Le contre-sommet de Genève pour une reconstitution de la gauche radicale. Keystone

Le sommet de Genève constitue une nouvelle étape dans la reconstitution de la gauche radicale. Depuis les manifestations de Seattle, ce mouvement anticapitaliste a retrouvé une visibilité perdue depuis les années soixante.

Ce contenu a été publié le 24 juin 2000 - 18:24

Aucun portrait de Lénine ou de Che Guevara ne trônait dans le théâtre défraîchi accueillant ce jeudi les premiers participants au contre-sommet de Genève. Les camarades d'hier ont été remplacés par les citoyens. Mais la détermination à abattre ou dépasser le système capitaliste est aussi vive qu'il y a trente ans.

De fait, le Comité suisse de l'appel de Bangkok (qui organise le sommet alternatif) réunit une cinquantaine de mouvements de la gauche radicale et d'organisations tiers-mondistes. Cette nébuleuse contestataire puise dans
les méfaits de la globalisation de nouveaux arguments justifiant son combat.

L'abandon des négociations sur l'Accord multilatéral sur l'investissement et l'échec de la conférence ministérielle de l'OMC à Seattle sont brandis par ce front anticapitaliste comme ses premières victoires.

Certes, les organisations présentes au sommet alternatif de Genève admettent que plusieurs facteurs expliquent ces deux échecs. Mais ils estiment «que Seattle a montré que nous étions capables de nous unir contre la libéralisation libérale».

Reste à savoir combien de temps durera cette union. La dénonciation des méfaits de la libéralisation des marchés permet cette union entre ONG modérées et radicales. En outre, cette union donne un impact inespéré aux revendications de chacune d'entre elles. Mais l'heure des solutions alternatives finira bien par sonner. Et là, les divergences déjà existantes pourraient bien éclater au grand jour.

Frédéric Burnand

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