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La guerre de la viande aux hormones menace entre Berne et Washington

La viande de boeuf américaine, produite à l'aide d'hormones, provoque une levée de boucliers chez les paysans suisses.

(Keystone)

La Suisse doit s'attendre à des mesures de rétorsion au cas où elle interdirait les importations de viande de boeuf en provenance des Etats-Unis. Le Département américain de l'Agriculture estime avoir le droit international et l'OMC.

Alors que le Conseil des Etats s'apprête à examiner au début de l'an prochain une motion visant a bannir le bœuf américain de Suisse, Washington prévient qu'une telle interdiction ne serait pas sans conséquence. «Si la Suisse prenait une telle mesure, il faudrait qu'elle apporte des preuves scientifiques des risques de notre viande de bœuf pour la santé, sinon elle pourrait s'exposer à des représailles», déclare ainsi Lisa Hardy-Bass, directrice adjointe de la division bétail des Services Agricoles Internationaux au Département américain de l'agriculture.

La motion, présentée par le Vaudois Marcel Sandoz et déjà approuvée par le Conseil National en juin, répond à l'inquiétude des consommateurs envers le bœuf élevé aux hormones. Elle est soutenue par les éleveurs suisses qui ne comprennent pas que l'utilisation d'hormones leur soit interdite, tandis que l'importation de viande produite à l'aide d'hormones est autorisée.

Du point de vue américain, un blocage unilatéral des importations de bœuf se heurterait aux règles édictées par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). «L'OMC considère que ce type de mesure doit s'appuyer sur des preuves scientifiques», souligne Madame Hardy-Bass, avant d'ajouter: «Or, à ma connaissance, les autorités suisses n'ont pas encore démontré que le bœuf aux hormones représente un danger pour la santé des êtres humains».

Si elle était acceptée par le Conseil des Etats, la motion Sandoz alignerait la Suisse sur l'Union Européenne (UE). En effet, Bruxelles a interdit les importations de bœuf américain aux hormones en avril 1999, ce qui a valu aux pays-membres de l'UE d'être frappés par des sanctions commerciales américaines.

Mais un an et demi après, les responsables européens constatent que l'interdiction du bœuf aux hormones semble porter ses fruits. «Les éleveurs américains ont perdu des marches et commencent à se dire qu'il est dans leur intérêt de produire un bœuf de meilleure qualité», indique Willy Helin, porte-parole de la Délégation européenne a Washington.

M. Helin précise que l'UE propose en ce moment de doubler, voire de tripler, le contingent annuel de bœuf sans hormones qu'elle accepte des Etats-Unis et que cette proposition est bien reçue. «Sans l'embargo, les éleveurs américains n'en seraient pas a ce stade de leur réflexion», estime le porte-parole européen.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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