La justice suisse maintient la pression sur un ex-ministre belge

L´ancien secrétaire d´Etat belge Pierre Chevalier est bel et bien soupçonné par la justice bâloise d´avoir contribué à une escroquerie. Le juge en charge du dossier confirme que l´enquête se poursuit, quoi qu´en dise le ministre démissionnaire.

Ce contenu a été publié le 17 octobre 2000 - 17:16

La presse belge avait de quoi se montrer ironique, la semaine dernière, au lendemain du départ surprise de Pierre Chevalier. Plusieurs quotidiens relevaient alors que le Secrétaire d'Etat au Commerce extérieur démissionnait pour «rien», selon sa propre explication. Pierre Chevalier croyait pouvoir affirmer que la justice suisse n'avait retenu «aucune faute juridique» contre lui, ajoutant même qu'à son sujet le dossier était «bouclé».

Tout autre son de cloche de la part de Janos Fabian, juge d'instruction spécial de Bâle-Campagne. Il soupçonne l'avocat Pierre Chevalier «d'avoir aidé le principal suspect» dans deux affaires d'obtention frauduleuse de crédit. Deux affaires «en relation l'une avec l'autre», précise le juge.

Lors de l'annonce de sa démission, Pierre Chevalier a révélé publiquement l'origine de la curiosité de la justice bâloise. Il s'agit de la plainte d'un industriel suédois grugé par un homme d'affaires français.

Ce dernier aurait empoché 500 000 dollars d'acompte pour la vente d'un avion privé dont il n'a jamais vu la couleur. Pour y voir plus clair, le juge d'instruction attend d'analyser les documents saisis lors de la perquisition effectuée le 10 octobre au domicile et au bureau de Pierre Chevalier.

En Belgique, la démission forcée du secrétaire d'Etat tourne à l'affrontement politique. Les principaux partis de l'opposition ont interpellé le Premier ministre Guy Verhofstadt, un libéral comme Pierre Chevalier. Ils lui reprochent notamment d'avoir caché pendant près de trois mois la demande de commission rogatoire de la justice suisse.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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