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La Loterie Romande veut voler de ses propres ailes

La Loterie Romande affiche un bénéfice de 127 millions pour l’exercice 2000, soit 27% de plus qu’en 1999.

(swissinfo.ch)

Après une rupture du contrat avec ses partenaires alémaniques, la Loterie Romande pourrait créer sa propre loterie à numéros. L'organisme romand refuse, en effet, une centralisation du système de jeu du Lotto à Bâle. Une position que les Alémaniques jugent inacceptable.

Ce divorce avec la Suisse alémanique «fait suite à une décision d'un Tribunal arbitral. Il proposait que les liens contractuels soient résiliés. Car le dialogue était alors presque impossible», explique Philippe Maillard, directeur de la Loterie romande

Mais, les portes ne sont pas complètement fermées. Philippe Maillard espère une renégociation du contrat avec ses partenaires que sont le Sport-Toto, la Loterie intercantonale (ILL) et la Société coopérative de loterie (SEVA).

«La centralisation du système du Lotto à Bâle n'est pas envisageable pour nous, ajoute Philippe Maillard. La Loterie Romande est active dans les cantons romands. Son déplacement pourrait la tuer».

De plus, elle possède un système informatique performant permettant la création de sa propre plate-forme de Lotto. Elle utilise déjà ce système pour les jeux en ligne.

Mais surtout, l'organisme romand est persuadé que la maîtrise de l'outil informatique est une nécessité pour survivre dans un marché futur, très concurrentiel.

Basé sur cette certitude de posséder son propre outil informatique, l'avenir des Romands dépend donc de la réponse des partenaires alémaniques.

«Si la renégociation est possible, relève le directeur, le Swiss Lotto continuera comme avant. La différence se fera uniquement dans les calculs, via les ordinateurs. Il suffira d'additionner les joueurs et de chercher les gagnants, ce qui est un jeu d'enfant».

C'est cette solution dite de la masse commune que préfèrerait la Loterie Romande.

En revanche, un niet définitif des Alémaniques pourrait amener l'organisme à créer son propre Lotto Romand. «Cette solution ne pénaliserait pas les joueurs, affirme Philippe Maillard. Le jeu se ferait sur 42 numéros et les Jackpots seraient les mêmes.».

La deuxième solution viserait à créer des unions avec un ou plusieurs pays européens. Quant on sait que la collaboration avec la France en matière de PMU (courses de chevaux) est fructueuse, on peut imaginer un partenariat avec l'hexagone, même si la Loterie ne veut pas l'annoncer maintenant.

«L'arrivée de l'Euro va propulser les gains des jeux vers le haut, et la Suisse devra sûrement s'allier avec d'autres pour que les joueurs ne partent pas valider les bulletins à l'étranger», ajoute le directeur.

La balle est donc dans le camp des Alémaniques. Ces derniers doivent faire savoir rapidement s'ils entrent en matière pour cette renégociation. Dans l'affirmative, la solution de la double plate-forme sera mise sur pied d'ici à la fin de l'année.

Toutefois, on ne peut exclure une rupture définitive. Le Sport-Toto, l'ILL et la SEVA ont fait comprendre leur opposition à cette double plate-forme. Ils assurent que ce système bloquerait le développement des jeux en ligne comme le Lotto Express.

On pousse même le bouchon plus loin du côté de la SEVA. «Nous espérons que le dialogue se renouera, explique Peter Schmid, président du conseil d'administration. Mais cette façon de présenter le changement sous forme d'ultimatum ne passe pas du tout, ajoute-t-il, et nous n'acceptons pas de «diktat» de la Loterie Romande».

La situation risque bien de rester bloquée si chacun campe sur ses positions.

En attendant, la Loterie Romande est très sereine et confiante en son avenir. Elle affiche un dynamisme sans précédent par la création de nouveaux jeux «à la française». Mais surtout, elle affiche un bénéfice de 127 millions pour l'exercice 2000, soit 27% de plus qu'en 1999.

«Les joueurs doivent se rassurer, conclut Philippe Maillard, de même que les milliers d'institutions publiques qui profitent de l'argent de la Loterie».

Jean-Louis Thomas


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