La nouvelle Crossair réussit son premier test

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Les Zurichois sont d'accord d'investir 300 millions dans la nouvelle compagnie nationale. Et d'offrir une garantie de 100 millions pour l'aéroport.

Ce contenu a été publié le 13 janvier 2002 - 19:32

La nouvelle compagnie aérienne suisse ne vole pas encore. Mais elle vient de surmonter un obstacle politique de taille. A 55,5% des voix, les Zurichois ont en effet approuvé ce week-end la participation de leur canton à l'augmentation de capital de Crossair. Un chèque de 300 millions de francs suisses.

Le peuple zurichois a également dit oui, par 67,6%, à une garantie de 100 millions, destinée à assurer le bon fonctionnement de l'aéroport. La participation, qui a atteint plus de 43%, est plutôt bonne.

Délai record

Le gouvernement cantonal a ainsi réussi son pari: convaincre du bien-fondé de mesures pourtant lourdes financièrement et cela en moins de trois mois. Un délai record à l'aulne de la démocratie suisse.

Le radical Ruedi Jeker, conseiller d'Etat en charge de l'économie publique, n'a pas caché sa joie, dimanche après-midi. «C'est un oui clair et solide», a-t-il relevé.

La peur du chômage?

Les 55% de oui réunis par le crédit de 300 millions semblent pourtant bien faibles, si on les compare aux scores obtenus lors de précédentes votations cantonales concernant le trafic aérien. Comme la nouvelle loi sur l'aéroport en 1999 (61,2% de oui), ou encore le projet d'agrandissement en 1995 (68,9% de oui).

Deux partis étaient opposés au crédit de 300 millions: les Verts, ainsi que l'Union démocratique du centre (UDC). Le gouvernement zurichois, pour sa part, avait averti des graves conséquences qu'un non aurait eues pour l'économie de la région et notamment sur l'emploi.

De bon augure

«C'est grâce à cet argument, en jouant avec l'angoisse des gens, qu'ils ont gagné» analyse Alfred Heer, député UDC au Parlement cantonal et président de l'Union des contribuables, qui a mené campagne contre le crédit.

Mais l'importance de ce scrutin dépasse de loin le cadre cantonal. Ainsi, le oui zurichois a été jugé de «bon augure» par le Conseil fédéral, qui souligne qu'une «étape importante» a été franchie dans la création d'une nouvelle compagnie aérienne nationale.

Le plan 26/26 confirmé

Concrètement, le résultat de ce week-end doit permettre la réalisation du projet 26/26, la reprise par la nouvelle Crossair de 26 long et 26 moyen-courriers de Swissair. «C'était l'une des conditions posées par le conseil d'administration», rappelle Paul Kurrus, responsable des affaires politiques chez Crossair.

Mais la décision zurichoise est aussi un signal en direction des autres cantons. Certains avaient d'ailleurs formellement lié leur participation à l'augmentation de capital de Crossair à celle de Zurich. De même que la Ville de Zurich (50 millions).

Encore beaucoup d'incertitudes

Rappelons que 400 millions ont été promis par une vingtaine de cantons. Mais seuls Bâle-Ville et Bâle-Campagne ont, pour l'instant, versé leur contribution. La Confédération, elle, participe à hauteur de 600 millions. Le reste - 1,7 milliard - est amené par le secteur privé.

Une incertitude a donc été levée, dimanche, sur l'avenir de la nouvelle Crossair. Mais il reste beaucoup de points d'interrogation. Notamment: quel nom donner à la compagnie? Le nouveau conseil d'administration doit justement en discuter ce lundi.

Pierre Gobet, Zurich

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