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La paix passe aussi par les réseaux d'ordinateurs

(swissinfo.ch)

Au moment où les Suisses se demandent s'il faut armer leurs soldats en mission à l'étranger, il paraît opportun d'évoquer certaines réalisations qui se veulent aussi de véritables contributions de la Suisse à la paix. Mais qui sont méconnues. D'où cette série d'articles qui leur est consacrée. Quatrième volet: le Centre de recherche sur la politique de sécurité et l'analyse des conflits à Zurich.

Le professeur Kurt Spillmann n'avait aucune envie de travailler en silence sur ses thèmes de prédilection, la politique de sécurité et la «polémologie», c'est-à-dire l'étude scientifique des guerres. La paix, dit-il, c'est une tâche publique.

Au milieu des années 80, il s'est donc lancé dans l'aventure, «avec peu de gens, peu d'argent mais beaucoup d'idées». Aujourd'hui, son centre de recherche, installé à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, compte quelque 70 personnes travaillant sur une douzaine de projets, grâce à un budget annuel d'environ 6 millions de francs alimenté par divers fonds.

La recherche, l'enseignement et l'information constituent les trois piliers de ses activités, centrées d'abord sur la Suisse. Avec une poignée de collègues, Kurt Spillmann s'est, entre autres, lancé sur l'étude de la politique suisse de sécurité «entre autonomie et coopération internationale, de 1945 à 1999».

«La Suisse ne doit pas se limiter à ses problèmes domestiques, conclut-il. Elle doit améliorer la communication avec ses voisins. Commercialement, c'est déjà fait mais, politiquement, les Suisses n'ont pas encore bien compris qu'ils font partie d'un monde intégral. La coopération est plus importante que la séparation.»

Le professeur zurichois a aussi l'ambition de comprendre pourquoi des gens de par le monde préfèrent le conflit à la coopération. La tâche est ardue. Mais cela ne le freine pas, s'agissant par exemple de savoir comment naissent les guerres de l'eau dans le bassin du Nil.

Mais le plus beau fleuron du Centre mis sur pied par Kurt Spillmann reste sans aucun doute son réseau Internet, «International Relations and Security Network», un projet qui veut mettre les plus récentes technologies de la communication au service précisément de la paix.

L'ISN, très prisé des professionnels de la branche mais accessible à tout public, offre l'un des outils actuels d'information et de documentation les plus riches sur les diverses thématiques de la sécurité internationale. Outil, soit dit en passant, soutenu financièrement par le gouvernement fédéral au titre de contribution au Partenariat pour la paix.

Le professeur Spillmann voit également dans ce réseau un moyen pour la Suisse de diffuser son message, à savoir qu'il est encore et toujours possible à des groupes différents, de langues et de religions différentes, de vivre ensemble et en paix. Un message qui passerait encore mieux, croit-il, si ce pays faisait partie des Nations Unies.

Bernard Weissbrodt


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