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C'est en fauteuil roulant, aidé d'un neveu, que le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 80 ans, a voté jeudi à Alger pour les législatives.

Keystone/AP/SIDALI DJARBOUB

(sda-ats)

Les Algériens ont voté jeudi pour élire leurs députés, sur fond de difficultés économiques et d'inertie politique. Le principal enjeu demeurait la participation, qui était faible à trois heures de la clôture du vote.

"Le taux de participation a atteint 35,53% à 17h00 locales (18h00 en Suisse). Aux législatives de 2012, il était de 33,97% à la même heure", a déclaré le ministre de l'Intérieur Nourredine Bedoui à la télévision d'Etat. Le scrutin avait été prolongé d'une heure (jusqu'à 20h00 locales) dans 42 circonscriptions électorales sur 48, en raison d'une "grande affluence" des électeurs dans les bureaux de vote, selon le ministre.

Le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, Abdelouahab Derbal, cité par l'agence de presse APS, table sur un taux de participation "supérieur" à celui de 2012 qui s'était établi à 43,14%. Selon M. Derbal, tous les bureaux de vote ont fermé et le dépouillement a commencé.

Pouvoirs limités

Au pouvoir de manière ininterrompue depuis l'indépendance en 1962, le Front de libération nationale (FLN) semble assuré de la victoire. Au terme d'une campagne terne, le scrutin ne devrait guère modifier les contours de la carte politique du pays.

Sur les 462 sièges de l'Assemblée nationale populaire, le FLN en détient 221 depuis le dernier scrutin il y a cinq ans. Le Rassemblement national démocratique (RND), son allié, en occupe 70. Le rapport des forces devrait peu bouger.

Alors que les islamistes espèrent rebondir après avoir essuyé un sérieux revers il y a cinq ans. Ces législatives sont en revanche boycottées par le nouveau parti de l'ancien chef du gouvernement Ali Benflis, rival malheureux du président Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle de 2014. Depuis l'instauration du multipartisme en 1989 en Algérie, l'opposition dénonce régulièrement des fraudes en faveur des partis au pouvoir.

L'Assemblée nationale dispose de pouvoirs limités en Algérie, où le gouvernement est à l'origine de l'essentiel des projets de loi. La chambre basse du Parlement est de ce fait souvent perçue comme une chambre d'enregistrement.

Désintérêt pour la campagne

Les résultats du scrutin doivent être annoncés vendredi en fin de matinée par le ministre de l'Intérieur lors d'une conférence de presse, selon l'agence APS.

Plus de 87'000 gendarmes et 45'000 policiers ont été déployés autour des centres de vote pour assurer la sécurité du scrutin. La campagne a été peu suivie par les Algériens, dont certains ont semblé davantage se passionner pour la présidentielle en France.

En raison de ce désintérêt, l'abstention risque d'être importante, comme cela a été le cas aux précédentes législatives. Le taux de participation n'avait atteint que 43,14% en 2012 et 35,65% en 2007, des chiffres déjà gonflés, selon des observateurs.

"Frappez-les avec un bâton!"

Pour conjurer le spectre d'une faible mobilisation, le gouvernement a tenté de motiver les électeurs avec la campagne "Samaa sawtek" ("Fais entendre ta voix", en arabe). Le président Abdelaziz Bouteflika est intervenu dans un message lu en son nom samedi pour exhorter ses compatriotes à se rendre aux urnes afin de contribuer à la "stabilité du pays".

Lors d'une tournée marathon à travers le pays, le premier ministre Abdelmalek Sellal a multiplié les appels en faveur d'un "vote massif".

Il est allé jusqu'à appeler les femmes à réveiller tôt leurs maris jeudi, à ne pas leur servir le café et à les "traîner" aux bureaux de vote. "Sils résistent, frappez-les avec un bâton!", a-t-il lancé à un auditoire exclusivement féminin lors d'une visite le 30 avril à Sétif, à 300 km à l'est d'Alger.

Rare apparition publique du président

Au pouvoir depuis 1999, M. Bouteflika, 80 ans, n'apparaît pratiquement plus en public depuis l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime en 2013. C'est en fauteuil roulant, aidé d'un neveu, qu'il a voté jeudi à Alger. On l'a vu serrer la main de policiers et de scrutateurs. Il n'a pas pris la parole.

Il s'agit de la première apparition du chef de l'Etat algérien devant les médias internationaux et les médias algériens privés depuis sa prestation de serment pour un quatrième mandat en avril 2014. Depuis, M. Bouteflika avait seulement fait quelques passages à la télévision d'Etat, notamment quand il recevait des hôtes étrangers.

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ATS