La peinture de Chagall à Lugano

Le tableau "En Prison" (1914-1915), de Marc Chagall. Musée d'art moderne de Lugano

En marge de la session du Parlement au Tessin, et jusque fin juin, le Musée d'art moderne de Lugano propose une vaste exposition sur l'oeuvre du peintre Marc Chagall.

Ce contenu a été publié le 06 mars 2001 - 07:39

Capitale suisse du pouvoir législatif pour trois semaines, Lugano profite de sa fonction politique momentanée pour rayonner aussi sur le plan culturel, en présentant l'œuvre du peintre français d'origine russe Marc Chagall (1887-1985).

Cette exposition s'inscrit, en outre, dans la continuité d'une rétrospective amorcée par le Musée d'art moderne de Lugano et consacrée aux peintres du début du XXe siècle, comme Soutine (en 1995) ou Modigliani (en 1999).

«Au contraire de la plupart des expositions consacrées à Marc Chagall, tient à souligner le directeur du Musée d'art moderne de Lugano, Rudy Chiappini, celle de Lugano montre toute l'étendue de la production de l'artiste-peintre. Soit 80 tableaux créés entre 1908 et 1980.»

«Ce devrait être l'une des seules expositions, poursuit Rudy Chiappini, où l'on ne joue pas la carte commerciale avec des lithographies de Marc Chagall». Ce qui n'empêchera pas le visiteur de s'attarder sur les dessins originaux et autres sculptures du maître.

Plutôt que de mettre en valeur une toile ou l'autre, Rudy Chiappini préfère mettre en exergue la période russe de Chagall (tableaux du Musée de St-Pétersbourg). Puis, ses sujets bibliques (oeuvres de Beaubourg et du Musée de Nice). Enfin, sa période de peintre âgé, mais toujours inspirée.

«Son époque russe (1910-20) est de loin ma préférée, s'enflamme Rudy Chiappini. Car Chagall parvient à être original et très moderne, tout en restant lui-même (attaché aux traditions judaïques), malgré les fortes influences du cubisme et du surréalisme, en ce début du XXe siècle.»

Car, par la suite, les racines russe et juive du peintre s'estompent dans sa créativité. Encore que ses envolées mystiques sont saisissantes dans les années 1950. A Paris, dans la seconde partie de sa vie, Chagall devient plus international, davantage à la portée du grand public.

Reste qu'il y a dans toute l'œuvre «deux niveaux dans la peinture de Marc Chagall, qu'il parvient à unir en une synthèse exceptionnelle», commente Rudy Chiappini. «D'une part, la vie quotidienne, la réalité. Et, d'autre part, la dimension divine, le surnaturel».

Marc Chagall est le peintre de la poésie: «Depuis ma première jeunesse, j'ai été captivé par la Bible. Il m'a toujours semblé que c'était la plus grande source de poésie de tous les temps. Depuis lors, j'ai cherché ce reflet dans la vie et dans l'art»... Marc Chagall.

Emmanuel Manzi

Vernissage mercredi. Ouverture au public jeudi, tous les jours de 9h à 19h.

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