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La politique courtise la 5ème Suisse

(swissinfo.ch)

Les voix des Suisses de l’étranger intéressent au plus haut point les partis politiques. En vue des élections fédérales d’octobre, les élus n’hésitent pas à aller à la rencontre de la 5ème Suisse.

C’était le cas samedi en France, où quatre politiciens se sont rendus à l’invitation du Nouveau Club Suisse de Paris. Reportage.

La politique – ainsi que le journalisme – peuvent parfois avoir de bons côtés. Et c’était très probablement le cas samedi. Le Nouveau Club Suisse de Paris avait en effet choisi un hôtel huppé de la capitale française pour recevoir ses hôtes.

Quartier de la Madeleine. Non loin de là, la Place Vendôme... Mais bon, le moment n’est ni au tourisme, ni au lèche-vitrines: rendez-vous est pris avec les Suisses de Paris. Nous les retrouvons en fin de matinée à l’hôtel Bedford, en plein cœur du 8ème arrondissement. La conférence est organisée dans une salle, dans les sous-sols de l’hôtel.

La qualité avant la quantité

Dans le hall d’entrée, on entend quelques paroles dites dans une langue certes familière, mais assez peu répandue dans la capitale française: le dialecte alémanique. Pas de doute, on est bel et bien au bon endroit.

Le premier contact avec la politique se fait en fait au travers des brochures mises à disposition sur une table. Socialistes, libéraux, radicaux, démocrates du centre: tous ventent leurs mérites dans une documentation aux couleurs accrocheuses.

Mais à l’intérieur de sa salle, petite déception. L’auditoire n’est constitué que d’une bonne trentaine de personnes. Peut-être que les Suisses de Paris sont une espèce rare…

«Tout le monde n’est pas encore revenu de vacances, justifie l’organisatrice de la rencontre. Et puis, ce sont tous des gens de haut niveau, nous privilégions la qualité à la quantité». On la croit volontiers; il y a dans la salle des membres du corps diplomatique suisse et même une marquise très active, indique-t-on, dans les œuvres de bienfaisances.

Des soucis pratiques

Au début de la rencontre, les quatre politiciens présents font une brève présentation de leur parti et de leurs objectifs pour la nouvelle législature. On y apprend notamment que les socialistes veulent davantage de solidarité, les libéraux plus d’ouverture, les radicaux moins d’impôts et les démocrates du centre moins de criminalité. Bref, une vraie révélation…

Mais l’animatrice de la conférence – la responsable de la communication de l’Organisation des Suisses de l’étranger – oriente rapidement la discussion vers des soucis pratiques qui touchent directement les expatriés: le manque de crédit pour les écoles suisses à l’étranger, la représentation politique de la 5ème Suisse, le vote électronique ou encore les modifications prévues dans la représentation consulaire.

Les politiciens se livrent alors à peu près tous au même exercice: témoigner de leur compréhension pour les problèmes des expatriés et les assurer de leur engagement en leur faveur, mais tout en leur expliquant que les choses sont parfois longues à bouger en Suisse.

L’introduction du vote électronique, par exemple, qui se heurte à des difficultés pratiques ainsi qu’à la mauvaise volonté de certains membres de l’administration et du monde politique. Bref, l’affaire pourrait encore prendre trente ans. L’assemblée prend bonne note avec quelques chuchotements de déplaisir.

Un petit air de galère

Les esprits s’échauffent (à la manière suisse, donc pas trop…) lorsque les représentants de la gauche et de la droite traditionnelle dénoncent le mauvais climat de campagne dû aux provocations de l’Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste). Il est surtout question d’une affiche montrant des moutons blancs boutant un mouton noir hors du pays.

Le représentant de l’UDC – un ancien banquier genevois fort sympathique au demeurant – tente de convaincre que cette affiche n’a aucun caractère raciste, qu’elle vise juste à dénoncer les étrangers criminels. Mais la démonstration peine un peu à convaincre des auditeurs qui ne se gênent pas de rappeler qu’en France, ils sont eux aussi des travailleurs étrangers.

Le représentant de l’UDC se retrouve à nouveau sur la sellette lorsqu’on lui demande pourquoi son parti a pris position contre la double nationalité. Peu au courant de ce dossier, il se fait rafraichir la mémoire par le représentant socialiste.

Bref, le débat prend un petit air de galère pour le démocrate du centre. Mais fidèle à la devise de Paris («fluctuat nec mergitur), le capitaine du vaisseau UDC ne se laisse pas démonter.

«Dire ce qu’on a sur le cœur»

Finalement, à l’issue de la conférence, les esprits retrouvent rapidement leur calme, bien aidés en cela par les petits fours et les flûtes de champagne. Politiciens et expatriés discutent à bâtons rompus.

Mais cette conférence, relativement brève, a-t-elle permis aux Suisses de Paris de se faire une idée des véritables enjeux des élections d’octobre? «Ce n’est pas forcément le but, confie l’un d’eux. Ce type de manifestation est un éclairage, mais pas L’éclairage. Nous sommes déjà informés par d’autres canaux.»

«Cela permet surtout de rencontrer des compatriotes de tous horizons et aussi de dire ce qu’on a sur le cœur», conclut-il.

swissinfo, Olivier Pauchard, Paris

Faits

645'010 Suisses vivent hors des frontières nationales.
Parmi eux, 111'249 sont inscrits sur les registres électoraux.
Les Suisses de France représentent la plus grande communauté d’expatriés (171'732).
33'116 Suisses de France sont inscrits sur les registres électoraux.

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Nouveau Club Suisse

Le Nouveau Club Suisse a été fondé il y a quatre ans par Maya Nerini.

Il compte déjà 47 membres.

Les membres sont âgés de 25 à 70 ans et exercent une activité professionnelle à Paris.

Le Nouveau Club Suisse organise chaque mois des conférences sur les thèmes les plus divers. La prochaine traitera des origines suisses de la Banque de France.

Le Nouveau Club Suisse fait partie de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE).

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