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La presse juge avec modération le triomphe de Berlusconi

(swissinfo.ch)

Ton modéré dans la presse suisse après la victoire de Silvio Berlusconi aux élections italiennes. Les principaux quotidiens reconnaissent le «triomphe» du Cavaliere mais se demandent quelle sera sa politique.

«Quel modèle imposera Berlusconi et sa formation de la Maison des
Libertés?», se demande Le Temps en ouverture de son édition de mardi: «Sua Emittenza» a vendu en professionnel son image de petit homme qui s'est hissé... à la tête d'un empire économique et a multiplié les promesses souvent vagues».

Dans son éditorial intitulé «Italie S.A» Serge Enderlin note: «en passant au-delà du profil du personnage... l'Italie prouve une fois de plus sa faculté d'adaptation... qui la caractérise pour le meilleur comme pour le pire, de Garibaldi à Mussolini...».

Pour sa part, le quotidien zurichois Tages Anzeiger titre en première page: «Forza Italia trotz allem». Pour Hans Moser, «la contradiction entre l'empire de Berlusconi et la direction du pays, l'aide qu'il a obtenu des «post-fascistes » (Fini) et des «séparatistes» (Bossi) n'ont pas effrayé l'électorat.»

«Les préjugés sont tombés» écrit, de son côté, la Südschweiz de Coire. Mais «que peut-on attendre» se demande la correspondante à Rome Sabine Segger-Baier, «d'un homme au passé louche, aux amitiés louches, à la réputation louche et à l'attitude d'un caudillo?».

De manière originale, le Blick fait intervenir dans ses colonnes le Prix Nobel de la littérature, l'auteur et acteur théâtral Dario Fo, qui n'y va pas de main morte: «la victoire de Berlusconi est une catastrophe pour les Italiens... C'est un entrepreneur intelligent mais on ne peut lui faire confiance... il ment sur son passé... il est accusé d'avoir recyclé de l'argent sale et devrait passer en jugement. Une opposition forte est fondamentale pour le futur du pays», conclut le «giullare» (bouffon) national.

La presse tessinoise qui a suivi de très près toute la campagne électorale est divisée: pour La Regione, «Bossi reste l'incognito, la Lega n'a pas dépassé les 4%... et les premières difficultés pourraient venir de Bossi», relève Gian Enrico Rusconi.

Pour le Corriere del Ticino, l'élection de Berlusconi est «une révolution qui vient du centre-droite. L'Italie, écrit Gerardo Morina aura besoin d'un peu de temps pour surmonter la volonté de changement qu'elle a exprimé aux urnes».

Enfin le quotidien catholique Giornale del Popolo lance un appel: «maintenant il s'agit de passer des paroles aux actes. Berlusconi a promis beaucoup, il a été cru... il doit savoir que gouverner n'est pas la même chose que diriger une entreprise», ironise Giuseppe Zois.

Dans son ensemble, la presse suisse garde un ton modéré pour commenter le bouleversement politique en Italie. Les quotidiens romands, alémaniques et tessinois sont unanimes pour déplorer «le chaos de la longue nuit électorale après la fermeture de nombreux bureaux de vote».

«C'est une honte... dans aucun pays occidental, il est arrivé que des électeurs ne puissent pas voter», souligne le Giornale del Popolo.

Gemma d'Urso, Lugano

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