La punition chinoise contre le CSFB porte ses fruits

D'autres sanctions chinoises pourraient toucher le CSFB. Keystone Archive

Les sanctions de la Chine contre Credit Suisse First Boston (CSFB) s'avèrent d'une redoutable efficacité. Les autres grandes banques d'affaires internationales ont retenu la leçon. Elles renoncent à promouvoir Taiwan auprès des investisseurs étrangers.

Ce contenu a été publié le 03 septembre 2001 - 15:20

Vendredi dernier, la Chine décidait d'exclure Credit Suisse First Boston (CSFB) d'un syndicat international chargé d'assurer en Amérique du Nord le placement de titres de Unicom Group, le deuxième groupe de télécoms chinois. Son crime: «avoir manqué de sensibilité au sujet de la question de Taiwan», selon le Asian Wall Street Journal qui avait la primeur de l'information.

La banque d'affaires du groupe financier suisse avait invité de hautes personnalités taiwanaises, à commencer par le ministre des Finances Yen Ching-chang, à participer à une conférence pour des investisseurs étrangers à Hong-Kong. M. Yen s'était joint aussi à un voyage de promotion de Taiwan en Europe organisé par CSFB.

Une province rebelle

Aujourd'hui, Goldman Sachs, Merrill Lynch, JP Morgan Chase, ABN Amro, Daiwa Securities et d'autres rivaux de la banque d'affaires suisse renoncent à mener, pour le compte du gouvernement taiwanais, le même genre de campagne de promotion.

Ils savaient, depuis quelques semaines déjà, que Pékin avait pris la décision, au plus niveau, de punir CSFB.Ils ont, entre-temps, prévenu discrètement les autorités taiwanaises qu'ils ne tenteraient pas de persuader leurs clients d'investir à Taiwan.

«Credit Suisse First Boston aurait dû consulter Pékin avant d'inviter quelqu'un d'aussi important que le ministre des Finances de Taiwan. C'était prendre un risque politique énorme lorsqu'on sait que la Chine considère l'île nationaliste chinoise comme une province rebelle», dit banquier suisse à Tokyo.

Les autres grandes banques d'affaires étrangères ne veulent pas s'attirer les foudres chinoises. Cette année, la Chine représentera, à elle seule, la moitié des quelques 25 milliards de dollars de nouvelles actions ou obligations qui seront émises en Asie.

Une sanction à répétittion

Le Asian Wall Street Journal croit savoir que la sanction dont est victime CSFB ne se limitera pas à Unicom Group. La banque suisse sera exclue d'autres émissions qui risquent de lui coûter des dizaines de millions de dollars en commissions perdues.

Des banquiers à Taiwan disent que si Pékin a décidé de sanctionner CSFB plutôt qu'une autre grande banque d'affaires étrangère, c'est à cause des liens privilégiés que Jaw Sheng Kong, le responsable de sa filiale à Taiwan, entretient avec le président taiwanais Chen Shui-bian, considéré comme un «séparatiste» par Pékin.

Pour d'autres observateurs, la banque d'affaires suisse ne saurait être accusée d'avoir manqué de prudence envers la «question» de Taiwan. Sa filiale Winterthur refuse, par exemple, d'imprimer de la publicité dans deux des principaux journaux de Hong-Kong, Apple Daily et Next Magazine, à cause d'un différend entre leur propriétaire, Jimmy Lai, et les autorités communistes chinoises.

Georges Baumgartner

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