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La recherche suisse est la meilleure. Et alors?

En Suisse, une publication scientifique sur cinq émane du Laboratoire européen de physique des particules.

(Cern)

Une étude anglaise fait de la Suisse le pays du monde où la recherche scientifique est la plus performante compte tenu de sa richesse.

Résultat flatteur, mais qui ne dit rien des impacts de la recherche sur la croissance économique. Or en Suisse, ceux-ci seraient particulièrement faibles.

Intitulée «L’impact scientifique des nations», l’étude est parue le mois dernier dans la revue britannique Nature, considérée, avec l’américaine Science, comme la tribune scientifique la plus sérieuse au monde.

Son auteur, David A. King, du Bureau de la science et de la technologie de Londres, a pris en compte les articles annonçant des découvertes scientifiques parus entre 1993 et 2002 dans plus de 8'000 revues, publiées en 36 langues.

Il a également décompté les citations des articles en question, soit le nombre de fois où il y est fait référence dans la presse spécialisée après leur première publication.

En exposant sa méthode, King ne cherche pas à masquer ses limites. Ainsi, il rappelle qu’un article présentant une théorie qui sera démentie par la suite a toutes les chances d’être souvent cité.

Toutefois, le chercheur britannique juge que le nombre impressionnant d’articles et de citations recensés suffit à atténuer les distorsions induites par ce genre de cas.

Son étude porte en effet sur près de 70 millions d’articles et citations, publiés dans les 31 pays qui concentrent 98% de la production mondiale de littérature scientifique.

Du bon usage des crédits

Et pour ne pas limiter son étude à cette simple comptabilité, King a pondéré les résultats de chaque pays par le montant de leur Produit intérieur brut (PIB), généralement reconnu comme un indice probant de la richesse d’une nation.

Au tableau final, la Suisse sort largement en tête, suivie des pays scandinaves, d’Israël, du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Les Etats-Unis par contre – qui sont de loin le plus gros producteur mondial de publications savantes – se trouvent dans le gros du peloton, en compagnie de la France, de l’Allemagne ou du Japon.

«Ce que King a voulu montrer, ce sont les pays où l’argent investi dans la recherche est le mieux utilisé», commente André Hurst, recteur de l’Université de Genève, au micro de la Radio Suisse Romande (RSR).

La Haute Ecole genevoise vient en effet de reprendre sur son site internet l’article paru dans Nature. En vue notamment de démontrer que le système universitaire suisse, souvent décrit comme «en panne de compétitivité», ne se porte pas si mal que ça.

Pas de quoi pavoiser

Cette forme de «triomphalisme» fait réagir le directeur d’Avenir suisse, le groupe de réflexion socio-économique créé il y a quatre ans par quatorze des plus grosses entreprises du pays.

«Il faut relativiser ces chiffres, s’exclame Xavier Comtesse, sur les ondes de la même RSR. Imaginez que Monaco décroche une fois un Prix Nobel. La principauté se trouvera alors en tête du classement des Nobel par habitants jusqu’à la fin des temps».

Et de rappeler qu’en Suisse, les trois quarts des publications scientifiques sont le fait de chercheurs du secteur privé ou d’organismes comme le CERN. Le laboratoire européen de physique des particules produit d’ailleurs à lui seul un cinquième de ces publications.

Efforts à poursuivre

Mais ce qui fâche avant tout Xavier Comtesse, c’est que l’impact des dépenses scientifiques consenties par la Suisse sur la croissance économique est «quasiment égal à zéro».

«On n’est pas les meilleurs du monde, conclut le directeur d’Avenir suisse. Parce qu’une bonne recherche doit aboutir à un bien-être pour les gens. Or, ici, on fait de la recherche pour la gloire, et pas pour les gens».

De son côté André Hurst ne nie pas que «si le CERN fait une découverte dans le domaine de la structure de la matière, cela ne débouche pas automatiquement sur une création de richesse».

Le recteur de l’Université de Genève, lui, persiste et signe: le monde scientifique suisse fait un bon usage des moyens qui lui sont alloués. Mais cela «ne veut pas dire que ces crédits soient toujours suffisants».

Au final en effet, qu’ils les approuvent ou qu’ils s’en méfient, les deux hommes sont d’accord pour dire que les résultats de l’étude de David A. King ne doivent en aucun cas servir de prétexte à rogner encore sur les budgets de la recherche.

swissinfo, Marc-André Miserez

En bref

- Une étude britannique, parue en juillet dans la revue Nature, place la Suisse en tête d’un classement mondial des publications d’articles annonçant des résultats de recherche scientifique, pondéré par la richesse des pays.

- Son auteur a voulu mesurer la manière dont 31 pays (qui concentrent 98% de la production de littérature scientifique au monde) utilisent les crédits alloués à la recherche.

- Derrière la Suisse, ce classement regroupe les pays scandinaves, Israël, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les poids lourds que sont les Etats-Unis, le Japon, la France ou l’Allemagne se retrouvent en milieu de peloton.

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