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La sauvegarde du paysage toujours d'actualité

Dans le canton de Genève, la chouette chevêche a profité de l’action du FSP. (Falcovision.com)

Depuis dix ans, le Fonds suisse pour le paysage (FSP) a apporté une aide financière à 700 projets de préservation du patrimoine naturel. Mais sa mission est loin d'être terminée: chaque seconde, un mètre carré du sol suisse est bétonné.

En créant ce fonds en 1991, les Chambres fédérales ont voulu faire un «cadeau au peuple suisse» dans le cadre du 700e anniversaire de la Confédération. Le FSP a en effet pour but de maintenir ou de réhabiliter le cadre naturel du pays via une aide financière à des projets mis sur pied par des collectivités publiques, des associations ou des particuliers.

L'aide financière du FSP a par exemple permis de préserver les rives du Fisibach, dans le canton d'Argovie, l'un des rares ruisseaux du Plateau qui creuse encore librement ses méandres dans le paysage.

A Genève, le FSP a participé à la sauvegarde des vergers à hautes tiges qui abritent la chouette chevêche, un petit rapace nocturne qui risque de disparaître. Parmi d'autres exemples, citons encore la revalorisation du paysage rural traditionnel, la remise en état de sentiers pédestres ou le rétablissement de châtaigneraies à l'abandon.

«Notre action peut servir de modèle en Europe», estime Hans Weiss, membre du secrétariat du FSP. En effet, mis à part l'Angleterre, les autres pays n'allouent pas d'argent à la protection du paysage.

«Il s'agit pourtant d'une mission importante, poursuit Hans Weiss. La préservation du paysage est importante à long terme, en permettant notamment un développement durable.»

Concilier protection du paysage et intérêts économiques à court terme reste toutefois un exercice difficile. Président du FSP, le conseiller aux Etats Eugen David rappelle ainsi que le maintien de son activité a fait l'objet d'âpres discussions aux Chambres fédérales.

Initialement, le FSP n'était prévu que pour dix ans. En 1999, les Chambres ont toutefois accepté de le maintenir en activité pour dix ans encore et de lui accorder une nouvelle enveloppe budgétaire de 50 millions pour la période 2001-2011.

Mais cet accord n'a été obtenu que de haute lutte, car bon nombre de parlementaires et le Conseil fédéral lui-même voyaient d'un mauvais œil une telle dépense en pleine période de restrictions budgétaires.

Avec cette décision, l'avenir est assuré au moins jusqu'en 2011. Et à plus long terme, Eugen David se veut optimiste: «nous formons le vœu qu'en 2011 le FSP soit devenu une institution étroitement liée à l'idée de la Suisse, à tel point que sa disparition serait inimaginable. C'est alors seulement que se concrétisera vraiment l'idée de cadeau fait à la population».

Olivier Pauchard


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