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La SGS à l'affût des restructurations asiatiques

(Keystone Archive)

La Société Générale de Surveillance pourrait bien profiter du contrecoup de la crise financière asiatique. La firme suisse, spécialisée dans l'assistance aux gouvernements et aux entreprises en matière de sécurité, est l'une des mieux placée pour s'engouffrer dans la brèche crée par les restructurations.

Face au tarissement des investissements étrangers, les gouvernements asiatiques hésitent entre deux stratégies. Tirer sur la corde nationaliste pour séduire leur électorat ou appeler à la rescousse des entreprises spécialisées pour les aider à retrouver la confiance des institutions internationales. Une aubaine pour la SGS, forte de son expérience aux Philippines et en Indonésie.

En Thaïlande, la firme suisse vient d'étoffer son bureau par une antenne régionale chargée de renouer les contacts avec les gouvernements dans l'espoir de décrocher de nouveaux contrats publics, notamment pour le contrôle des importations et exportations.

Son directeur, Serge Guillaume, arrive de Manille où il est resté basé pendant plus de sept ans. Il avait à ce titre la responsabilité du contrat liant la SGS au gouvernement philippin qui ne l'a pas renouvelé l'an dernier. Les autorités de Manille doivent toujours une copieuse ardoise à la société genevoise qui se refuse, pour l'heure, à porter l'affaire devant les tribunaux.

L'un des nouveaux domaines d'action pour les sociétés étrangères de surveillance est le vide juridique crée par les nombreuses faillites. Acculées par un endettement excessif, de plus en plus d'entreprises asiatiques finissent par déposer leurs bilans laissant derrière elles des créances et des avoirs qu'il convient de vérifier.

La SGS a commencé à étudier ce marché nouveau. La compagnie suisse s'intéresse de près au nouveau tribunal sur les faillites présidé par le Juge Soonthorn Sithivejvijit. En l'an 2000, 99 entreprises thaïlandaises ont sollicité l'intervention de cette cour spécialisée, pour un montant total de dettes estimé à 400 millions de bahts (environ 10 millions de dollars).

La SGS pourrait aussi être amenée à collaborer avec le nouveau gouvernement thaïlandais dirigé par le milliardaire Thaksin Shinawatra au sujet du Fonds spécial d'intervention que ce dernier envisage de créer pour racheter les actifs douteux des entreprises en difficulté.

Mais, sur ce dossier, les responsables suisses avancent à pas comptés car ils en connaissent les risques. Il y a deux ans, un comptable australien chargé d'étudier la restructuration d'une scierie thaïlandaise avait été assassiné lors d'un déplacement professionnel en province.

Philippe Marret, Tokyo

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