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La spirale de violences au Kenya inquiète le CICR

Aux violences post-électorales sont venus s'ajouter des troubles ethniques au Kenya.

(Keystone)

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exprimé ses profondes craintes face à l'escalade de la violence survenue cette semaine au Kenya.

Comme d'autres organisations humanitaires suisses, le CICR intensifie ses efforts et offre une aide d'urgence malgré une situation sur place devenue très difficile.

A la veille d'un sommet de l'Union africaine qui débutera jeudi en Ethiopie voisine, la crise kényane s'intensifie. Mercredi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le siège est à Genève, a fait part de ses craintes quant à une détérioration de la situation.

De son côté, l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan s'est rendu au Kenya afin de mener une médiation entre le gouvernement et l'opposition. Celle-ci conteste les résultats de l'élection présidentielle qui s'est tenue fin décembre 2007.

Quelque 800 personnes sont déjà mortes dans des soulèvements, qui ont eu lieu pour la plupart dans la vallée du Rift, à l'ouest du pays. A propos des violences dans cette région, l'émissaire américaine en Afrique Jendayi Frazer a parlé d'un «nettoyage ethnique flagrant».

Une nouvelle phase

Pour sa part, le CICR a dénoncé le fait que des personnes ont été tuées dans «d'horribles circonstances, tandis que d'autres resteront marquées à vie».

«Nous sommes entrés dans une nouvelle phase», a expliqué Pascal Cuttat, chef de la délégation régionale du CICR à Nairobi. «Les violences qui avaient éclaté à la suite des élections sont maintenant devenues des affrontements interethniques et le risque est grand de voir la situation continuer à se détériorer», a-t-il affirmé.

L'organisation demande à tous les dirigeants et responsables kenyans de tout mettre en œuvre pour veiller au respect de la vie et de la dignité humaine. Il les exhorte également à faire en sorte que les organisations humanitaires puissent accéder librement à toutes les personnes qui ont besoin d'assistance.

En collaboration avec la Croix-Rouge du Kenya, le CICR distribue des articles ménagers de première nécessité tels que couvertures, ustensiles de cuisine et moustiquaires, ainsi que des rations alimentaires d'urgence.

Effets collatéraux

Pour certaines organisations helvétiques encore actives au Kenya, les effets des violences sont perceptibles.

Basée à Zurich, BioVision soutient des projets de développement durable. Pour le moment, la fondation ne recense aucune victime parmi ses partenaires kenyans. Mais elle déplore d'autres effets de la crise.

«Tout est ralenti, l'économie du pays tout entière est affectée, que ce soit au niveau logistique comme l'approvisionnement en essence ou au niveau des choses simples comme obtenir une carte prépayée pour un téléphone mobile» déclare le directeur de BioVision Andreas Schriber interrogé par swissinfo.

«Quant à la situation sur le plan sécuritaire, elle est plutôt instable, voire parfois dangereuse. De nombreuses personnes ont besoin de davantage de temps pour faire le même travail qu'ils faisaient avant... Autant d'effets collatéraux qui retardent nos projets», ajoute-t-il.

Pour l'instant, les projets en cours – tels que le conseil pour une agriculture biologique ou le contrôle des moustiques – se poursuivent. Et, selon Andreas Schriber, ils ne devraient pas être remis en question, à moins que les changements sur le terrain n'exigent une nouvelle évaluation de la situation.

Programme d'urgence

L'organisation caritative Caritas poursuit elle aussi son travail au Kenya. «Tous nos projets se déroulent comme d'habitude et notre bureau à Nairobi est toujours ouvert», indique à swissinfo le porte-parole de l'organisation Stefan Gribi.

«Mais nous avons démarré avec un programme d'urgence en collaboration avec Caritas Kenya, qui aide 25'000 personnes déplacées à l'intérieur du pays», souligne-t-il.

De son côté, l'agence suisse d'aide au développement (Direction du développement et de la coopération, DDC), qui a répondu à l'appel du CICR en débloquant 200'000 francs suisses à titre d'aide d'urgence début janvier, continue d'observer la situation.

swissinfo, Isobel Leybold-Johnson
(Traduction de l'anglais: Carole Wälti)

La situation au Kenya

Le Kenya est secoué par des violences depuis la présidentielle du 27 décembre et la réélection proclamée de Mwai Kibaki à la tête du pays face à son principal concurrent Raila Odinga.

L'opposition a contesté ces résultats et dénoncé des fraudes. De nombreuses violences ont éclaté, principalement dans la vallée du Rift, à l'ouest du Kenya.

Les tensions ethniques jouent un rôle important dans les troubles qui secouent le pays. La domination économique et politique de l'ethnie kikuyu, à laquelle appartient Mwai Kibaki, fait crier certains au favoritisme ethnique.

Mwai Kibaki a invité Raila Odinga, de l'ethnie luo, à défendre sa cause devant les tribunaux. Il lui a offert de créer un gouvernement d'unité nationale, mais son rival tient à ce que de nouvelles élections soient organisées.

Les 36 millions d'habitants du pays se partagent entre plus de 40 groupes ethniques, dont la plupart ont leur propre langue.

Aucun de ces groupes n'est majoritaire. Les principaux sont les Kikuyu (22% de la population), les Luhyia (14%), les Luo (13%), les Kalenjin (12%) et les Kamba (11%).

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