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La Suisse «propre en ordre» trahie par ses restoroutes

En moyenne, les restoroutes suisses sont moins propres que les allemands ou les français.

(Keystone)

Le Touring Club Suisse, son homologue allemand l'ADAC, et plusieurs autres clubs partenaires ont testé les restoroutes de neuf pays européens. Hygiène douteuse, restaurants de qualité moyenne, et sécurité routière déficiente. Les Suisses en prennent pour leur grade.

Le test a été réalisé durant une époque de forte fréquentation: les vacances de Pâques. Près d'une centaine de restoroutes ont été sondés à travers toute l'Europe (Suisse, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, France, Allemagne, Autriche, Italie et Espagne).

Pour éviter des résultats aléatoires, chaque restoroute a même été visité à deux reprises en l'espace de vingt-quatre heures. Et l'appréciation est fondée sur dix critères, la pondération la plus forte étant attribuée à la sécurité routière, à la gastronomie, à l'hygiène et aux prix.

Côté helvétique, six restoroutes ont été ainsi testés (Grauholz Nord, Gunzgen Nord, Würenlos, Herrlisberg Sud, Werdenberg Est, La Côte Nord). La moitié d'entre eux, ont reçu l'appréciation «insuffisant». Et les autres ont obtenu de justesse «suffisant».

«Ces résultats sont plutôt catastrophiques pour l'image de la Suisse, regrette Erich Schwyzer, coordinateur des tests européens du TCS. D'autant plus qu'ils montrent une baisse des prestations des restoroutes par rapport aux années précédentes.»

A titre d'exemple, l'an dernier, aucun des établissements suisses testés n'avait enregistré la mention «insuffisant». Et, en 1999, l'un d'entre eux avait même décroché la mention «très bien».

Rien de tel cette année. Pire. Les restoroutes testés portent un sérieux coup à l'image de propreté qui colle traditionnellement à la Suisse. Les échantillons de laboratoire prélevés sur les poignées de porte, les cuvettes de WC et les tables à langer ont en effet révélé une hygiène insuffisante.

En matière de propreté, les restoroutes suisses passent derrière les allemands, les autrichiens et les français. Une situation qui étonne Theodor Hofstetter, chef de vente des restaurants Coop de Suisse romande.

«Nous avons pourtant des standards d'hygiène particulièrement élevés. En plus des contrôles effectués par nos services internes, nous avons mandaté un laboratoire indépendant qui procède chaque mois à l'analyse des différents secteurs de l'établissement.»

Quoi qu'il en soit, le responsable du restoroute de La Côte Nord admet que des problèmes peuvent se produire pendant les périodes de forte affluence.

S'agissant de la sécurité routière, la Suisse perd là également du terrain. Un seul restoroute suisse, parmi les six sondés, était équipé de trottoirs ou du moins de passages de sécurité marqués conduisant de la place de parc au restaurant.

L'offre gastronomique, elle non plus, ne décoiffe pas. Et c'est le moins que l'on puisse dire. «Dans les catégories de prix inférieurs, estime le jury, les testés ne se soucient manifestement pas d'offrir à leurs clients une nourriture saine». Et d'ajouter que «Les plats les moins chers se composent généralement de viande ou de poulet frit, accompagnés de pommes de terres frites.»

«Chaque année les résultats de ces tests sont analysés avec grande attention, rétorque Theodor Hofstetter. Ils nous permettent de corriger les défauts et bien sûr d'améliorer nos prestations.»

Vanda Janka


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