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La Suisse a voté pour la réforme du FMI

La délégation suisse compte (de g. à dr.) le président de la BNS Jean-Pierre Roth et les ministres Doris Leuthard et Hans-Rudolf Merz.

(Keystone)

A Singapour, la Suisse a approuvé la première phase de la réforme du Fonds monétaire international (FMI) qui vise à donner plus de poids aux pays émergents sous-représentés.

Mais la Suisse reste en désaccord avec des pays comme les Etats-Unis sur les critères proposés par le directeur du FMI pour redéfinir le calcul des quotes-parts.

Une résolution en vue de la refonte des quote-parts a été approuvée à une majorité écrasante. En effet, seuls 23 des 184 pays membres l'ont rejetée, a déclaré lundi une source du Fonds monétaire international.

«La réforme est nécessaire. Des pays émergents étaient sous-représentés», avait affirmé la veille le ministre suisse des finances (DFF) Hans-Rudolf Merz après la réunion du Comité monétaire et financier international (CMFI).

L'instance dirigeante du FMI avait en effet donné dimanche son feu vert à la première phase de la plus importante réforme de l'institution depuis sa naissance, il y a 61 ans.

Une hausse symbolique

Dans un premier temps, il s'agit de renforcer la position de la Chine, de la Corée du Sud, de la Turquie et du Mexique.

Ce surcroît d'influence est censée refléter leur essor économique au cours des dernières décennies. Mais la hausse reste partielle et symbolique, puisqu'elle représente à peine 1,8% du total des droits de vote.

Avec cette première restructuration du FMI, la Suisse perd 0,03% de ses voix au profit des quatre pays émergents.

Le projet avait été jugé très insuffisant par certains des pays intéressés, comme le Brésil, l'Inde et l'Argentine qui ont voté contre la résolution.

Mais la refonte - approuvée par la Suisse - a finalement été adoptée par plus de 90% des voix à la veille de l'assemblée annuelle du FMI.

Une 2e phase plus ardue

La seconde phase de la réforme s'annonce plus ardue, admet Hans-Rudolf Merz. Il s'agira en effet de définir des critères qui servent pour la répartition des quotes-parts d'ici la fin 2008, rappelle le grand argentier de la Suisse.

Un seul point fait l'unanimité: la nouvelle formule devra être plus simple, beaucoup plus transparente et, surtout, refléter véritablement les poids économiques de tous les pays membres.

Or, la proposition faite par le directeur du FMI Rodrigo Rato se base, pour l'instant, uniquement sur le Produit intérieur brut (PIB), comme le défendent les Etats-Unis.

La Suisse et d'autres pays, notamment ceux de l'Union européenne, demandent que d'autres critères soient retenus pour calculer les quote-parts qui déterminent les droits de vote.

«Le volume de la place financière helvétique est important, souligne Hans-Rudolf Merz. Nous valons quand même quelque 3500 milliards de dollars.»

Il s'agit en l'occurrence de trouver une nouvelle formule plus claire et plus simple qui serait basée sur différentes variables permettant de mieux refléter le véritable poids économique des pays à l'heure de la mondialisation accrue.

Un travail en groupe

Pour maintenir sa position, la Confédération s'est rapprochée de trois de ses partenaires traditionnels au sein du FMI: la Belgique, la Hollande et la Suède.

Ces pays sont souvent pointés du doigt par des pays émergents comme le Brésil qui dénoncent le poids trop important selon eux des petits pays européens au sein du FMI par rapport à la taille de leur économie.

Ces quatre nations atteignent pourtant entre elles le 15% des voix qui leur permettent de constituer une minorité de blocage. Elles ne sont pas disposées à renoncer à ce droit de veto, comme la déjà annoncé le ministre suisse des Finances.

«Nous perdrions la possibilité d'intervenir et nous ne sommes pas disposés à céder», a déclaré Hans-Rudolf Merz. La tâche du directeur du FMI Rodrigo Rato s'annonce rude pour trouver en deux ans une solution qui convienne aux pays qui disposent au moins de 85% de voix.

Un baptême du feu

Enfin, notons que la conseillère fédérale Doris Leuthard participe, elle, pour la première fois à une réunion annuelle du FMI et de la Banque Mondiale.

La cheffe du Département fédéral de l'économie (DFE) doit intervenir mardi dans les débats sur la lutte contre la corruption au sein du Comité de développement de la banque.

A l'agenda de la ministre fraîchement entrée en fonction figure également une rencontre avec le président de l'institution, Paul Wolfowitz.

swissinfo et les agences

Faits

L'assemblée annuelle du FMI se tient à Singapour, du 17 au 20 septembre.
La délégation suisse est conduite par le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz.
La ministre de l'Economie Doris Leuthard et le président de la Banque nationale Jean-Pierre Roth font également partie de cette délégation.

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Les institutions de Bretton Woods

- Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ont été fondés en 1945, comme institutions spécialisées de l'ONU servant à financent le développement économique des pays émergents.

- Le FMI s'occupe avant tout de coopération monétaire, de stabilité financière et de prévention des crises économiques. La BM fournit des prêts, de l'assistance technique et des conseils institutionnels.

- Les deux institutions assortissent leur aide de conditions. Les pays bénéficiaires doivent adopter certaines réformes économiques, dans le sens du libéralisme.

- Le FMI a 184 pays membres. Chacun contribue au capital de l'institution en proportion du poids de son économie. Ce poids lui donne aussi une quote-part lors des votations internes.

- Les Etats-Unis ont la quote-part la plus importante (17,08%), devant le Japon (6,13%) et l'Allemagne (5,99%). Celle de la Suisse est de 1,6%.

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La Suisse, le FMI et la BM

- La Suisse a adhéré aux institutions de Bretton Woods en 1992, à la suite d'une votation populaire.

- Pour pouvoir siéger aux conseils du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), la Suisse s'est alliée avec des petits pays, dont elle représente également les intérêts.

- Ce groupe, surnommé «Helvetistan», regroupe la Pologne, la Serbie, le Montenegro et cinq anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale.

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Liens

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