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La Suisse a voté

Les citoyens ont fait leur devoir; au tour maintenant des scrutateurs.

Les citoyens ont fait leur devoir; au tour maintenant des scrutateurs.

Résidences secondaires, accession à la propriété, vacances, jeux d’argent et prix du livre: le peuple suisse s’est exprimé dimanche sur cinq objets à caractère socio-économique. Seul le décret sur les jeux d’argent devrait passer facilement l’écueil des urnes.

Après une année électorale, comme celle de 2011, divers objets restent traditionnellement en suspens. Le peuple est donc invité à se prononcer sur pas moins de cinq thèmes en cette fin de semaine.

Malgré cette abondance, la participation au scrutin ne devrait guère dépasser 40%. Pourtant, plusieurs thèmes touchent pratiquement tout un chacun: vacances, prix des livres, accession à la propriété.

Mais aucun objet ne présente une portée politique ou une dimension émotionnelle très forte. Seule l’initiative populaire visant à limiter le nombre de résidences secondaires a échauffé quelque peu les esprits ces dernières semaines, mais le débat a surtout été vif dans les cantons touristiques directement concernés.

Bradage du paysage

Lancée par l’écologiste vaudois Franz Weber, l’initiative «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» propose que la part des résidences secondaires ne dépasse pas 20% du parc immobilier d’une commune. De nouvelles constructions seraient interdites dans environ un cinquième des communes où cette limite est aujourd’hui déjà atteinte.

L’initiative entend mettre fin à la défiguration croissante du paysage et, en particulier, au bradage des régions alpines. La nécessité de davantage réglementer l’urbanisation et de freiner le bétonnage est largement reconnue en Suisse. Sans surprise, l’initiative a donc initialement bénéficié d’un large soutien, et pas uniquement parmi les sympathisants de la gauche et des écologistes.

Ses chances de succès se sont toutefois quelque peu érodées au fil de la campagne. Les milieux économiques et les politiciens du centre et de la droite ont multiplié leurs efforts et leur présence médiatique pour lutter contre le projet. A leurs yeux, l’initiative est trop rigide et aurait des conséquences économiques et sociales catastrophiques, principalement dans les régions touristiques fortement dépendantes du secteur immobilier.

Accession à la propriété

Le second thème soumis au peuple touche aussi de près le secteur immobilier. L’initiative concernant «l’épargne-logement» demande d’accorder des allègements fiscaux sur l’argent mis de côté en vue de l’achat d’une habitation à usage personnel ou du financement de mesures destinées à rendre sa maison plus écologique et moins énergivore.

Cette proposition, soutenue par les partis du centre et de droite, vise à permettre à un plus grand nombre de personnes d’accéder à la propriété. En Suisse, seulement 40% de la population est propriétaire de son logement, l’un des taux les plus faibles d’Europe.

L’initiative est combattue par la gauche et l’Association des locataires. Ces milieux estiment que les mesures proposées ne favoriseraient qu’une minorité de personnes.

Davantage de vacances pour tous

Attirante, du moins sur son principe, l’initiative populaire «6 semaines de vacances pour tous» a été lancée par l’organisation faîtière des syndicats chrétiens. Le texte demande que la durée minimale de vacances passe de quatre à six semaines par an. Actuellement, la Suisse est l’un des pays européens où le nombre de jours de vacances est le plus bas et le nombre d’heures de travail hebdomadaires le plus élevé.

Pour la gauche, l’allongement des vacances permettrait d’alléger une charge de travail en constante augmentation. Pour les opposants, une telle mesure ne permettrait pas de réduire le stress, mais ne ferait qu’augmenter massivement le coût du travail, ce qui compromettrait la compétitivité de l’économie suisse.

Jeux d’argent réglementés

Le seul objet qui jouit du soutien de pratiquement tous les milieux est le décret fédéral qui propose de mieux réglementer les jeux d’argent (casinos, loteries, paris sportifs, etc.) et de répartir plus clairement les compétences entre cantons et Confédération.

Cette proposition ne change pratiquement rien. Elle fixe simplement dans la Constitution une pratique déjà existante. Les casinos resteraient surveillés par la Confédération et leurs bénéfices serviraient à financier les assurances sociales. Loteries et paris sportifs resteraient du ressort des cantons et leurs bénéfices continueraient à financer des œuvres d’utilité publique ou de bienfaisance.

Seul le Parti évangélique mène le combat contre le décret. Il estime qu’il ne contient pas encore suffisamment de mesures pour lutter contre la dépendance au jeu.

Prix fixe des livres

Beaucoup plus controversée en revanche, la nouvelle Loi fédérale sur la réglementation du prix du livre. Pour le comité référendaire, soutenu notamment par le Parti libéral-radical (PLR / droite), l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) et les grands distributeurs, un prix fixe rendrait les livres encore plus chers et constituerait une ingérence inacceptable dans l’économie de marché.

Pour ses partisans en revanche, la loi permettrait de surveiller plus efficacement l’évolution de prix déjà notablement plus élevés qu’à l’étranger et de mieux protéger les intérêts des auteurs et des petites librairies face à la politique agressive des grands distributeurs.

Votations fédérales

En plus des élections fédérales, qui ont lieu tous les quatre ans, le peuple suisse est appelé jusqu’à quatre fois par an à se prononcer sur des thèmes de portée nationale.

A l’occasion des votations fédérales, divers cantons et communes soumettent également des objets de portée cantonale ou communale.

Au cours des dix dernières années, le taux de participation s’est situé entre 27 et 57%.

LesSuisses résidant à l’étranger peuvent également participer aux votations fédérales. A la fin 2011, plus de 143'000 d’entre eux étaient inscrits sur les registres électoraux.

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vote électronique

Les élections fédérales du 11 mars seront l’occasion pour un nombre accru de cantons de tester le vote électronique: cette fois, 12 d’entre eux offriront la possibilité à une partie des citoyens de voter via Internet.

Dans dix cantons (Berne, Lucerne, Fribourg, Soleure, Bâle-Ville, Schaffhouse, Saint-Gall, Grisons, Argovie, Thurgovie), seuls les citoyens vivant à l’étranger pourront profiter du vote électronique.

A Genève et Neuchâtel, les essais de votes électroniques seront également ouverts à une partie des citoyens résidant à l’intérieur des frontières cantonales.

Au total, plus de 122'000 citoyens, soit 2,4% de l’électorat, auront la possibilité de s’exprimer en ligne.

L’Organisation des Suisses de l’étranger réclame depuis plusieurs années une introduction rapide du vote électronique. Elle a récemment lancé une pétition demandant que cette possibilité soit accessible à tous au plus tard pour les élections fédérales de 2015.

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(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard), swissinfo.ch


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