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La Suisse attend plus d'efficacité de la part de l'OIT

Les normes de l'OIT ne sont pas toujours respectées, comme celles des conditions décentes du travail des enfants dans certains pays.

(Keystone)

A Genève, la Conférence annuelle du travail a planché lundi sur le thème du «travail décent». Pour le chef de la délégation suisse, Jean-Luc Nordmann, deux conditions s'imposent à l'Organisation internationale du travail pour atteindre cet objectif: l'efficacité et le partenariat.

La Conférence du travail est entrée dans la deuxième de ses trois semaines de session annuelle placée sous le label du «travail décent». Dans ce domaine, le déficit mondial est immense: le BIT estime à 160 millions le nombre officiel des chômeurs sur la planète. Le chiffre de un milliard correspond sans doute beaucoup mieux à la «vraie réalité».

Il ne suffit pas de brandir ce drapeau de bataille, rappelle Jean-Luc Nordmann, chef de la Direction du travail au Secrétariat d'État à l'économie. Encore faut-il donner aux troupes de l'OIT les ressources et les partenaires qui leur permettront de mener efficacement le combat.

En clair, la Suisse demande à l'OIT de lancer des ponts vers ceux qui partagent les mêmes préoccupations qu'elle, à savoir l'économie privée et les ONG, mais aussi les grandes «institutions soeurs», parmi lesquelles l'Organisation mondiale du commerce.

Est-ce à dire que l'OIT serait tentée par le repli sur soi? Jean-Luc Nordmann ne va pas jusque-là. Mais, dit-il, «il y a danger à travailler en dehors de la réalité économique et sociale, il faut que tous les acteurs se mettent ensemble, surtout ceux qui ont le même but!»

L'Organisation internationale du travail, si elle veut être efficace, doit aussi renforcer ses compétences économiques, ajoute le chef de la délégation suisse. Autrement dit, elle doit intensifier ses recherches et ne pas se limiter à l'étude de normes juridiques: «si l'on veut motiver l'économie, il faut aussi lui faire des propositions et lui présenter des solutions!»

Quant à ces fameuses normes dont l'OIT s'enorgueillit, si l'on veut qu'elles soient d'une quelconque utilité, «il faut se concentrer sur celles qui peuvent être ratifiées par un grand nombre de pays et qui ont une chance d'être respectées». Et Jean-Luc Nordmann de citer en exemple la convention sur les pires formes du travail des enfants.

Mais qu'en est-il du «travail décent» en Suisse? Ce pays aurait-il donc résolu tous ses problèmes? Le chômage, même si son taux n'est que de 1,7%, reste une préoccupation, affirme le Secrétaire d'État en assurant que cela le restera tant qu'il y aura des chômeurs de longue durée.

Et les travailleurs au noir dont on parle beaucoup ces temps-ci dans le monde agricole? Sur ce sujet, Jean-Luc Nordmann se veut sans ambiguïté, accords bilatéraux obligent: «je suis absolument de l'opinion qu'il ne faut pas donner des permis à des travailleurs qui ont une faible qualification et qui viennent de pays non européens».

Chômeurs et clandestins, d'ici et d'ailleurs, pourront en tout cas confronter leur définition du «travail décent» à l'une ou l'autre de celles que Juan Somavia, Directeur général de l'OIT, donne dans son rapport: ce serait, pour certains, «passer de l'état de subsistance à celui d'existence», pour d'autres, «ce qui permet de réaliser des aspirations personnelles dans la vie quotidienne et d'exprimer sa solidarité».

Bernard Weissbrodt, Genève


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