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La Suisse cherche à freiner la fuite des cerveaux

Ces dernières années, les Hautes Ecoles suisses n'ont pas su retenir leurs étudiants qui s'expatrient, notamment aux Etats-Unis .

(Keystone)

«Brain Gain», littéralement «gain de cerveaux». C'est le titre de la campagne que lance la communauté scientifique suisse dans un double but: attirer des chercheurs du monde entier dans ses universités, et freiner l'exode de ses éléments les plus prometteurs vers l'étranger.

Lancée par l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), la campagne vise à colmater les brèches que laisse dans l'enseignement supérieur la fameuse «fuite des cerveaux». L'EPFZ se donne six à dix ans pour inverser la tendance et assurer ainsi un meilleur avenir, tant pour les étudiants que pour l'économie.

Ces dernières années en effet, les Hautes Ecoles helvétiques se sont montrées incapables de retenir les étudiants issus de leurs rangs qui s'expatrient - notamment aux Etats-Unis -, attirés par les gros budgets auxquels ils peuvent aspirer pour poursuivre leurs recherches.

Olaf Kübler, président de l'EPFZ, espère parvenir à doubler le nombre des étudiants post-gradués qui choisissent de travailler en Suisse dans les domaines stratégiques comme les sciences de la vie, les technologies de l'information ou le management d'entreprise.

Les Universités de St-Gall, de Bâle et du Tessin participent également au programme.

«En recrutant dans le monde entier, en allant chercher les meilleurs là où ils sont, nous comptons parvenir à un substantiel gain de compétences pour nos Ecoles, résume Olaf Kübler. Aujourd'hui déjà, plus de 40% de nos doctorants sont étrangers, mais la majorité vient d'Europe occidentale. Nous avons encore trop peu de chercheurs formés dans les Amériques, en Asie ou dans les pays de l'Est».

C'est d'ailleurs dans ces pays que l'EPFZ va déployer ses premiers efforts. La campagne de recrutement se poursuivra ensuite dans les universités australiennes, puis en Asie du Sud-Est, une zone qui jusqu'ici n'a encore été que très peu exploitée.

Cette campagne ambitieuse risque de se heurter à l'obstacle de la langue. Quelques cours post-grade à l'EPFZ sont encore donnés en allemand, mais le président compte bien que des programmes entièrement en anglais rendent la Suisse nettement plus attractive.

Un des buts est également de ramener au pays des scientifiques suisses attirés à l'étranger par les gros budgets de recherche que l'on a pu mettre à leur disposition.

«L'EPFZ a vécu dix ans sans voir augmenter les fonds mis à sa disposition, explique Olaf Kübler. Heureusement, le monde politique est en train de se rendre compte que cette situation ne peut plus durer et qu'il est urgent de recommencer à investir dans la formation et la recherche».

swissinfo


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