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La Suisse débourse des millions pour lutter contre le sida

La Suisse va verser plus d'argent pour améliorer les infrastructures sanitaires des pays les plus pauvres. Ici, en Afrique du Sud.

(Keystone Archive)

La Suisse va doubler cette année sa contribution à ONUSIDA. Elle en fera de même l'année prochaine. Un effort financier confirmé, mardi à New York, par la conseillère fédérale Ruth Dreifuss et destiné avant tout à améliorer les infrastructures sanitaires des pays les plus pauvres.

«Tout programme efficace de lutte contre le VIH/sida doit être doté de moyens financiers suffisants et à long terme.» Ruth Dreifuss, qui dirige la délégation suisse à la session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU à New York ne se contente pas d'énoncer le principe. Elle donne des chiffres.

Pour répondre à l'urgence, la Suisse a décidé d'attribuer cette année quatre millions de francs au programme commun des Nations Unies (ONUSIDA), soit pratiquement le double de ce qu'elle versait jusqu'à présent (2,2 millions). Cette enveloppe sera une fois encore doublée l'an prochain pour atteindre donc les huit millions de francs.

Ce faisant, précise Mme Dreifuss, la Suisse veut appuyer tout particulièrement des «programmes multisectoriels et horizontaux», et pas seulement des projets spécifiques «qui, trop souvent, manquent de durabilité».

Entendez par là que le sida n'est pas simplement un problème de santé, mais une réalité qui a d'énormes répercussions dans les domaines économiques et sociaux. Il importe de s'y attaquer sur divers fronts.

Ce n'est donc pas par hasard que l'Office fédéral de la santé publique et la Direction du développement et de la coopération unissent leurs compétences dès lors que l'on parle de cette épidémie dans les pays les plus pauvres.

Cela dit, la contribution suisse, aussi élevée soit-elle, ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan. Le projet de déclaration finale du sommet de l'ONU demande que d'ici à 2005, le montant annuel de dépenses globales pour la lutte contre le sida dans les pays à faible et moyen revenu atteigne au moins les sept milliards de dollars.

L'autre point clef de l'intervention de Ruth Dreifuss, étroitement lié au problème des ressources financières, portait sur l'accès aux médicaments. «Nous devons persévérer dans nos efforts visant à diminuer les coûts des médicaments», dit la ministre suisse, qui se fait l'écho des débats organisés la semaine dernière par l'Organisation mondiale du commerce.

La représentante suisse ne veut pas «minimiser les problèmes de résistance qui pourront se développer en cas de prises de médicaments incorrectes», allusion aux arguments avancés entre autres par l'industrie pharmaceutique concernant l'insuffisance des infrastructures sanitaires qui freine la diffusion par exemple des trithérapies. Mais, dit-elle, «il ne faut pas se cacher derrière cette crainte pour justifier l'inaction».

Dans sa conclusion, Mme Dreifuss félicite les Nations Unies pour l'idée, qui fait peu à peu son chemin, d'un Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria. La Suisse se dit prête à examiner de nouvelles façons de financer la lutte contre ces maladies dans les pays en développement.

Bernard Weissbrodt


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