La Suisse face à la dette des pays sinistrés

Aider les victimes du tsunami - ici à Banda Aceh - en annulant la dette des pays affectés. Keystone

L’idée d’un moratoire sur la dette des pays frappés par le Tsunami fait son chemin. Et la Suisse est prête à entrer en matière.

Ce contenu a été publié le 04 janvier 2005 - 12:08

Cette question sera, ce jeudi, au menu de la conférence de Djakarta, avant d’être abordée la semaine prochaine par le Club de Paris.

«La Suisse est prête à discuter de cette initiative. Et ce, dans le cadre du Club de Paris. Ce moratoire devrait concerner tous les pays frappés par le raz-de-marée », précise Antje Baertschi, porte-parole du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco).

Le Club de Paris qui regroupe les principaux pays créditeurs dont la Suisse doit en effet se réunir le 12 janvier.

Lors de cette réunion, la Grande–Bretagne et l’Italie devraient proposer l’annulation à terme de la dette de certains des pays touchés par le Tsunami du 26 décembre. L'Indonésie et le Sri Lanka pourraient être les premiers concernés par de telles mesures.

«Nous proposons un moratoire immédiat sur les remboursements de la dette des pays touchés», a précisé le ministre britannique des finances, Gordon Brown, dans un entretien à la BBC.

«On pourrait ensuite procéder à l'analyse des besoins de ces pays en matière de dette, avec la possibilité d'en annuler une partie», a précisé le ministre.

Les remboursements concernés «initialement» s'élèvent à trois milliards de dollars (3,44 milliards de francs) par an, selon le ministre de Grande Bretagne.

De multiples propositions



Cette proposition a d'ores et déjà reçu le soutien de l'Italie, qui a affirmé vouloir «répondre positivement à l'appel».

«Nous sommes en train de réfléchir pour annuler ou convertir la dette des pays comme l'Indonésie ou le Sri Lanka qui, dans le passé, ont déjà bénéficié de nos crédits d'aide», a indiqué le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini.

De son coté, l’Allemagne a proposé d’inclure la Somalie. Ce pays de la Corne africaine a en effet également été durement affecté par le ras de marée du 26 décembre.

Le Canada, lui, a déjà mis en place un moratoire unilatéral sur la dette des pays frappés par les raz-de-marée, d'un montant total de un milliard de
dollars.

Plusieurs conférences



Quoi qu’il en soit, le sujet devrait déjà figurer au menu du sommet prévu jeudi à Djakarta en Indonésie.

Organisée par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), cette conférence va se pencher sur l'aide internationale. Et ce avec les gouvernements des pays sinistrés, les organisations internationales et les principaux pays donateurs.

Reste que la Suisse ne participera pas à ce sommet. « Nous n’avons pas été invités», a indiqué Thomas Jenatsch, porte-parole de la Direction du développement et de la coopération (DDC).

Cela dit, la Confédération pourrait y envoyer des observateurs. Mais cette option n’a pas encore été décidée.

En revanche, la Suisse prendra part de manière officielle aux deux réunions organisées par l'ONU dans ses sièges de New York et de Genève.

swissinfo avec les agences

En bref

Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de nations endettées.

Il est constitué de19 membres permanents, dont la Suisse. Ces Etats ont tous des créances sur un nombre important d'autres gouvernements dans le monde.

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