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La Suisse interpellée par un chef de l'opposition algérienne

La Suisse est priée de se distancer de l'Algérie. Le 1er avril, le conseiller fédéral Joseph Deiss (à gauche) rencontrait le président Bouteflika à Alger.

Depuis la Suisse, le président du Front des Forces Socialistes (FFS) interpelle la Commission des droits de l'homme de l'ONU, à Genève. Et demande au gouvernement helvétique de se distancier d'un régime qui devra, tôt ou tard, rendre des comptes.

Dans une lettre ouverte à Mary Robinson, haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Hocine Aït-Ahmed réclame en particulier l'envoi d'une commission d'enquête internationale en Algérie.

Il s'étonne, en premier lieu, du fait que la question algérienne ne figure pas à l'ordre du jour de la 57e session de la Commission des droits de l'homme.

Pourtant, les éléments justifiant une telle attention ne manquent pas. «Le nouveau cycle de massacres, enregistré ces deux dernières années, a en général ciblé des paysans pauvres dont le seul tort - jusqu'à preuve du contraire - est de vivre dans des zones rurales», écrit Hocine Aït-Ahmed.

Le leader algérien articule le chiffre minimal de 5000 morts pour cette période, en se référant aux décomptes publiés par la presse algérienne.

Sans cacher la part de responsabilité des groupes islamistes armés, Hocine Aït-Ahmed s'attache à dénoncer le rôle prépondérant joué par le régime algérien dans ces massacres, en particulier le haut commandement de l'armée.

C'est donc la politique de «concorde civile» menée par le président Abdelaziz Bouteflika qu'Hocine Aït-Ahmed tente de démystifier. Selon le leader du FFS, cette politique donne en fait une «couverture juridique aux accords secrets entre le pouvoir et l'Armée islamique du salut.»

Hocine Aït-Ahmed constate en outre que la grâce accordée à 5000 membres de groupes armés n'a pas freiné le cycle infernal des tueries. Il constate également le développement massif des milices baptisées groupes de légitime défense, entraînant une «militarisation de la société».

Face à cette nouvelle fuite en avant du régime algérien et aux nombreuses victimes qu'elle provoque, Hocine Aït-Ahmed met ses derniers espoirs dans la communauté internationale.

A la Suisse - pays dans lequel il réside actuellement - il demande que son gouvernement se distancie d'un régime qui tôt ou tard devra rendre des comptes.

Frédéric Burnand, Genève

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