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La Suisse latine veut accueillir le second parc national

Le Cervin: un argument de poids pour un futur parc national.

Six régions, dont quatre en Suisse romande, se sont présentées à la Ligue suisse pour la protection de la nature (Pro Natura ) en vue de la création d'un second parc national suisse. Une première sélection aura lieu d'ici à la fin de l'année. Mais le projet suscite de nombreuses craintes parmi les populations concernées.

«Nous sommes très agréablement surpris de l'intérêt des communes», explique Corinne Costa, directrice romande de Pro Natura. L'idée d'un second parc nous tient à cœur, et nous ferons le maximum pour que le projet aboutisse.»

Trois nouvelles candidatures ont été présentées à Berne mardi. Il s'agit du Cervin (Valais), des Muverans (Vaud et Valais) et du Maderanertal (Uri).

Ces trois dossiers viennent compléter ceux qui ont déjà été présentés à Pro Natura. Il s'agissait du Haut Val de Bagnes en Valais, de la Locarnese au Tessin et d'Adula/Rheinwaldhorn, à cheval sur les Grisons et le Tessin.

D'ores et déjà, la principale organisation suisse pour la protection de la nature a promis le versement d'un million de francs au futur candidat pour couvrir les investissements de départ. Avec, comme condition, le respect des exigences de Pro Natura, bien entendu.

Des exigences qui concernent principalement le respect de l'environnement dans la région candidate. Ainsi, une zone centrale d'un minimum de 100 km2, dont 25 en zone forestière, doit être laissée à la nature. Par ailleurs, il faudra que les populations locales soient d'accord, de même que le ou les cantons concernés et la Confédération.

D'autres embûches ne manqueront pas de venir se placer sur le chemin de la réussite, à commencer par la loi. En effet, il n'y a actuellement pas de cadre légal sur la gestion des parcs nationaux.

«A ce titre, la Confédération a promis une révision de la Loi fédérale sur la protection de la nature et la protection du paysage, explique Corinne Costa. Elle permettra aux régions d'avoir des bases légales pour la création du futur parc national.»

«De plus, ajoute la directrice, le rôle de la Confédération sera clarifié, notamment en termes d'aide financière. Un parc national coûte beaucoup d'argent.»

Toutefois, l'obstacle le plus important demeure le citoyen. Pour exemple, le projet du canton d'Uri fait l'objet d'un intense débat public et beaucoup de citoyens s'y opposent.

En Valais, le scepticisme est également de mise, malgré l'engouement des régions. «Le nom de Pro Natura provoque des boutons d'allergie au sein de la population», explique François Perraudin, président de la commission de la zone protégée du Haut Val de Bagnes.

Une méfiance non fondée, selon François Perraudin. «Pro Natura a toujours respecté ses engagements dans la région. Les citoyens ont peur d'un excès de contraintes», précise le directeur. «Nous devons donc leur expliquer que vivre dans un parc national n'est pas une prison, mais un modèle parfait de développement durable.»

Cet enthousiasme, François Perraudin aimerait le voir se développer aussi dans les milieux politiques. Par prudence, la Municipalité de Bagnes se contente d'informer les citoyens, sans prendre de position officielle. «Un attentisme, estime -t-il, qui risque de faire gagner d'autres candidats.»

Au bout du compte, Pro Natura espère bien inaugurer le petit frère du Parc national de l'Engadine en 2009. Qui sera l'année de son centième anniversaire.



Jean-Louis Thomas


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