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La Suisse marginalisée dans l'Europe des régions

La bannière de Regio Basilensis.

(www.regbas.ch)

Les régions frontalières de la Suisse n’ont plus la cote. Dans l'Europe élargie, ce sont celles des pays de l’Est qui ont désormais la priorité.

Les futures aides européennes privilégieront les projets transfrontaliers lancés aux confins de la nouvelle Union, au risque de couper les liens établis avec la Suisse.

Les ministres de l'Union européenne (UE) doivent débattre en septembre de la planification financière à 25 pour ces prochaines années.

L'un des objectifs principaux doit être la réduction des différences de niveau de vie, estime le commissaire européen à la politique régionale, le Hongrois Peter Balazs. L’aide ira donc en priorité aux pays de l’Est, y compris dans les projets transfrontaliers.

La Commission prévoit ainsi d’investir plus de 336 milliards d'euros (517 milliards de francs) dans le développement des régions défavorisées entre 2007 et 2013.

En comparaison, les nouveaux fonds pour la coopération transfrontalière semblent modestes: 1,9 milliard d'euros par année (près de 3 milliards de francs).

Et là aussi, le commissaire hongrois juge qu'il faut se concentrer sur les nouvelles frontières extérieures de l'UE ainsi que sur les régions transfrontalières communes aux anciens et nouveaux pays de l’Union.

Retombées pour la Suisse

Autrement dit, les régions frontalières de la Suisse n'auront pas la priorité.

«Nous ignorons si ces programmes d'assistance vont se poursuivre», constate Rudolf Schiess, chef de la Politique régionale et d'organisation du territoire au Secrétariat d'Etat à l'économie (seco).

Les fonds alloués à Interreg sont consacrés à des projets comme «Biovalley» dans le triangle international de la région bâloise, les échanges technologiques dans le Jura, le système d'information électronique «Electronic Mall Bodensee» ou les contrôles transfrontaliers dans les pays alpins.

Dans la liste de ces projets interrégionaux, on peut encore citer les Bureaux d'information pour les travailleurs frontaliers au chômage à Chiasso (TI), Varèse et Côme, ainsi que l'échange d'informations sur le projet de Véhicules électriques légers (VEL) entre le nord de l'Italie, les cantons du Valais et du Tessin.

Ne pas baisser les bras

Dans les débats qui s’annoncent, le Comité des régions compte bien faire entendre sa voix, même si celle-ci n’est que consultative.

«La position du Bade-Wurtemberg est claire, affirme Peter Straub. Nous exigeons que les programmes de soutien lancés à la frontière germano-suisse, ainsi que ceux avec l'Alsace, soient poursuivis. Et je suis confiant: nous l'obtiendrons».

«Toutes les régions défendent leurs intérêts légitimes, ajoute le président du Comité des régions de l'UE. Je suis aussi convaincu qu'il faut faire preuve de solidarité à l'égard de l'Est. Mais cela ne doit pas impliquer l'abandon des projets actuels».

Perte financière et politique

Des dizaines de projets sont en cours dans les différentes régions. Ceux-ci seront terminés, mais le problème se pose à plus long terme, précise Norbert Zufferey, secrétaire aux affaires européennes et transfrontalières pour le Bassin lémanique.

«Les retombées se feront sentir pour la période 2007/2013», confirme le secrétaire de la Regio Insubrica Roberto Forte.

«Pour nous, cela représenterait une grande perte, ajoute son collègue de la Regio Basiliensis Eric Jakob. Nous avons une coopération transfrontalière très développée depuis plus de dix ans.»

«Au-delà de l'aspect financier, on risque aussi de perdre une forme de mini-intégration de la Suisse au sein de l'Union européenne. Un rôle joué jusqu'ici par les programmes interrégionaux, observe encore Norbert Zufferey. Pour Vaud, qui a toujours été pro-européen, ce serait une déception.»

Dans les zones frontalières des Etats européens, des associations régionales existent depuis les années 60. En Suisse, celles-ci sont avant tout le fait des cantons, mais Berne les soutient financièrement dans le cadre des programmes interrégionaux (Interreg) de l'UE.

Ainsi, les Suisses collaborent avec leurs voisins allemands, français, italiens ou autrichiens dans la Regio Basiliensis, le Conseil du Léman, la Conférence internationale du lac de Constance ou la Communauté de travail des pays alpins.

Ces associations lancent, développent et soutiennent des projets qui ont un impact réel sur la vie quotidienne et sur l’emploi.

«Construire l’Europe depuis le bas»

Ces dynamiques régionales n’ont pas échappé à Bruxelles. Il y a dix ans, l’UE s’est dotée d’un Comité des régions. Il réunit des élus des multiples collectivités locales et régionales de l'Union, qui peuvent ainsi faire entendre leur voix dans l'élaboration et l'application des politiques communautaires.

Son rôle officiel est «de veiller à l'application du principe de subsidiarité, qui veut que les décisions soient prises par le niveau d'autorité publique le plus proche des citoyens».

Depuis peu, ce Comité est dirigé par un voisin direct de la Suisse. Peter Straub est en effet président du Parlement du Land allemand de Bade-Wurtemberg et fervent défenseur d’une Europe «construite depuis le bas».

«Nous voulons montrer aux citoyens européens les avantages d'une administration décentralisée et de structures démocratiques dans les régions», explique Peter Straub. Tout en admettant que la tâche est difficile.

Dans cette optique, le président du Comité des régions souhaite ardemment l’adhésion de la Suisse à l’UE. Pour lui, elle y serait «un défenseur supplémentaire de la construction fédérale et du développement de la démocratie dans les régions».

swissinfo et les agences

Faits

L’UE va investir 75 milliards de francs par an dans le développement des régions défavorisées entre 2007 et 2013.
Pour la coopération transfrontalière, elle prévoit 3 milliards de francs par an.

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En bref

- Les temps sont durs pour la coopération transfrontalière entre la Suisse et l’Union européenne.

- A l’avenir, l’Europe des 25 veut concentrer son aide sur les nouveaux Etats membres.

- Dans le même temps, la Suisse applique les mesures d’économie drastiques prévues par la Confédération.

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