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La Suisse peut faire mieux pour la prévention de la santé

Ruth Dreifuss et Thomas Zeltner durant la table-ronde ministérielle de mardi, sur le thème de la santé mondiale. (OMS)

A Genève, l'Assemblée mondiale de la santé a des allures de ruche. La petite délégation suisse a beaucoup à faire face aux activités qui s'y déploient. Ce qui n'empêche pas Thomas Zeltner, directeur de l'Office fédéral de la santé, de porter un jugement serein sur les travaux en cours.

On a un peu l'impression, au fil des ans, que ces assises mondiales et annuelles de la santé, comme d'ailleurs bon nombre de grandes conférences internationales, ne suscitent plus guère l'intérêt du grand public. Les thèmes qui figurent à leur ordre du jour correspondent-ils vraiment aux soucis de santé de monsieur tout le monde, voire des gouvernements?

«C'est vrai qu'on est peut-être souvent loin des soucis des gens», répond Thomas Zeltner, directeur de l'Office fédéral de la santé publique et pour l'occasion chef-adjoint de la délégation suisse. «Vrai aussi que l'OMS veut d'abord réduire les inégalités de santé dans le monde et que ces assemblées ont davantage de retombées au Sud.»

Mais ce qui s'y discute rejoint certaines des préoccupations suisses, à commencer par la promotion de la santé. «En Suisse, dit-il, nous sommes excellents dans le domaine curatif, mais pour tout ce qui est préventif - pour des modes de vie plus sains - on n'a trop peu de structures, trop peu de financements. L'OMS nous aide avec des solutions qui marchent.»

Parle-t-on dans cette assemblée des questions d'assurance-maladie et des problèmes des coûts de santé qui sont le cauchemar de tant de citoyens suisses? Cela ne figure pas à l'agenda de l'OMS cette année. Mais, explique Thomas Zeltner, on voit bien dans les discussions bilatérales que les pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord sont «dans le même bateau». Ce thème, entre autres, était mardi au menu de la rencontre entre les ministres suisse et allemand de la santé, Ruth Dreifuss et Ulla Schmidt.

S'agissant des modes de travail, le chef de l'Office fédéral de la santé ne cache pas certaines inquiétudes. La délégation qu'il conduit est trop petite pour suivre tous les dossiers qui circulent ou sont discutés dans les multiples séances organisées au Palais des Nations. Bon gré mal gré, il s'en accommode et multiplie les contacts personnels pour se tenir le mieux informé possible.

Thomas Zeltner (qui jusqu'en 2002 occupe également le siège de la Suisse au sein du Conseil exécutif de l'OMS) reconnaît aussi que cette conférence perd trop de temps dans les questions de procédure. Ses structures et ses règles ne correspondent plus vraiment aux réalités du monde actuel.

Le Pakistan a d'ailleurs ouvertement soulevé la question du fonctionnement démocratique de l'Assemblée mondiale de la santé. En réponse à cet appel, la Suisse et la France ont décidé de soumettre ensemble un projet de résolution qui pourrait ouvrir la voie à une meilleure forme de coopération des 190 pays présents.

Bernard Weissbrodt, Genève


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